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tempête

  • La canne à pêche

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    Les vagues martèlent sans relâche les gros rochers lisses qui gisent, comme tombés de la main d'un géant étourdi, au pied des falaises éternellement résistantes. On a peine à concevoir que c'est la même mer qui prend le bleu cristallin de l'été et déploie une uniformité azurée que seules troublent les minces nappes d'huile laissées par les bateaux de pêche ou le blanc éclatant des mouettes qui planent. Pour l'heure, la mer est agitée. Elle vomit des boules d'écume qui filent à sa surface et d'inévitables bouteilles qui ne contiennent aucun message.
    Tandis que j'approche du bord de l'eau, la canne d'un pêcheur est presque verticale. Son extrémité vibre très haut au-dessus de sa tête tandis qu'à ses pieds le poisson tourbillonne et se courbe. Des deux mains, il serre si fort sa canne que ses articulations blanchissent. Lorsqu'il lève sa canne, ses pieds nus glissent sur le rocher lisse et mouillé, et il tombe dans l'eau. "Putain !" s'exclame le pêcheur en se remettant péniblement debout sur le rocher. Il est trempé jusqu'aux genoux. Je me penche pour récupérer sa canne et le lui rend.

    http://www.editionsdelabatjour.com/

    p.76 vous pourrez lire ma microfiction
    Notre Dame des morts violentes

  • Presque chaque jour

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    Tout plie, se déplie, re replie. Les vagues se jettent en avant de toutes leurs forces. Le vent est si dur qu'il impose à l'eau sa forme et que les vagues ne sont plus que son moulage. Le ciel, comme chaque jour, se dégage lentement de la brume, ce qui signifie qu'il ne va pas pleuvoir. Il y a cette couleur bleue. Ce bleu qui est celui de la mer.
    Le soleil des derniers jours de février est déjà chaud. C'est curieux, ce temps qu'il fait tout à coup. Cette tiédeur, tout à coup. On dirait que le bruit de la mer la recouvre de la douceur d'une houle profonde. Il fait beau. du soleil. un vent clair. Le ciel est bleu foncé maintenant. Et tout d'un coup, l'immensité des choses dans le fracas des vagues. L'immensité et la force sans fin. Les vagues qui luttent contre le vent. Elles avancent et avec violence, elles s'échouent sur le sable, contre la berge où tout se brise avec un bruit flasque de linge essoré. Les cris de la mer. Ce déferlement. Presque chaque jour. Il pourrait faire peur.
    En renversant la tête, on peut voir des mouettes voler. Grandes mouettes qui volent. Certaines avec une tête noire. Mouettes rieuses qui volent de nouveau. Comme suspendues. Immobiles et sans poids. Hors du temps.
    Au loin, une femme descend péniblement l'escalier en s'aidant de ses cannes. Elle progresse d'une marche à l'autre, avec ce lent et patient acharnement que l'on peut observer chez certains insectes, ou animaux à carapaces, posant chaque fois avec précaution ses pieds aux chevilles enflées, enfermées dans des bas de laine grise, en accordéon.
    Contrastant avec la masse informe de son corps, sa voix est presque fluette, simplement un peu lasse, ne laissant percer ni agacement, ni tristesse.

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

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