Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

tapin

  • Tapin

    ayku-artiste 001.jpg

    C'est une brune d'une trentaine d'années, habituée à tous les rituels d'approche. Boulotte, copieusement maquillée, elle allume une cigarette et écarte les jambes après avoir tiré sur sa jupe de cuir, très étroite, qui lui moule les fesses. Un homme fait le pied de grue sur le trottoir d'en face. Il s'essuie le visage d'un revers de manche et s'avance vers elle d'un pas décidé, percutant au passage une ménagère qui sort de la boulangerie encombrée de paquets et  qui rattrape sa baguette de pain avant qu'elle ne tombe sur le bitume. Un poivrot s'accroche à lui, le tirant par la manche. Il a un mal de chien à s'en débarrasser, y parvient malgré tout, et constate alors que la fille a disparu.
    Pendant quelques instants, il arpente le trottoir de long en large. Il attend. Un vent tiède balaie le sol et soulève des papiers gras en rafales soudaines.
    Dans une des fenêtres de l'immeuble d'en face, il voit un homme debout derrière la vitre : un vieillard au visage émacié, blafard, à la pâleur presque fantomatique, qui s'éponge le front à l'aide d'un grand mouchoir à carreaux, puis disparaît.
    Il se retourne et l'aperçoit. Elle est de retour. Après quelques minutes de palabres inconsistants, elle le conduit dans un hôtel tout proche. Arrivée dans la chambre, elle abandonne ses hauts talons à même le tapis et se jette sur le lit, les cuisses écartées, les genoux fléchis, dans une attente nonchalante.

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

    http://www.radiodiction.org

    09 72 15 48 40
    Appeler pour dire un texte
    24h/24 appel non-surtaxé

  • l'atelier d'artiste

    ayku-artiste 002.jpg

    Au moment où elle sort de la bouche de métro, elle s'arrête pour allumer une cigarette, avant de se diriger à grands pas vers une rue qui ne porte pas de nom. Sous un porche, un couple de lycéens se pelote. Plus loin, quelques rastas squattent le trottoir. Un petit homme bedonnant, vêtu d'un jogging neuf, la regarde passer.
    Elle pénètre dans un immeuble, au fond d'un terrain vague, juste derrière un chantier. La façade se lézarde à plusieurs endroits. C'est le seul bâtiment encore intact dans ce décor dévasté.
    Elle grimpe jusqu'au cinquième étage, sous les toits. Une porte unique s'ouvre sur le palier. La pièce est un atelier d'artiste. Des planches et des tasseaux encombrent l'entrée. Une forte odeur de térébenthine flotte dans l'air et des toiles s'y trouvent en grand nombre.
    Un vieux canapé occupe le centre, ainsi qu'un bric-à-brac d'outils, de pinceaux et de tubes de couleurs. La pièce est meublée de façon sommaire. Elle n'a pas été balayée depuis longtemps. De gros moutons de poussière jonchent le sol. Il y a aussi un bouquet de coquelicots disposé dans un vase à même le carrelage. Une palissade taguée sépare l'immeuble du chantier.

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

    http://www.radiodiction.org

    09 72 15 48 40
    Appeler pour dire un texte
    24h/24 appel non-surtaxé