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street art

  • L'instant présent

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    Le cargo fend la mer, chargé de containers. Un homme et une femme longent la plage. Un homme seul flatte son chien. Le vent souffle. La mer bouillonne. Le ciel se voûte. L'air remue. Une porte s'ouvre dans une maison beige. Un vieil homme planté sous un feu tricolore, n'ose pas traverser la rue, malgré le signal vert. Son visage est tellement ridé qu'il est difficile d'y déceler une expression quelconque. Ce qu'on remarque d'abord, c'est le petit oiseau qu'il tient doucement entre ses mains serrées contre son corps. Il tourne la tête et sourit à l'oiseau, dont la petite tête bleue aux yeux fermés se blottit faiblement contre lui.

  • La fenêtre

    Les images qui défilent devant la fenêtre changent, se dissipent, s'assombrissent, se colorent. La rue, arrosée par la pluie, affiche des prétentions de métropole. Au huitième étage, une fille rondelette est assise de dos sur le rebord de la fenêtre. Elle épluche des pommes de terre. Chant monotone et régulier du couteau qui ôte la peau. Brûle-encens. Les rues du centre ville portent la barbe. Il y a des gens qui mangent des dattes. D'autres, les noyaux. Chaque étalage dans la rue, tout ce qu'on voit, tout ce qu'on imagine, évoque le drame qui se joue. Même le paisible silence de la nuit.

    Revue MICROBE 92 (2 proésies)
    http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2015/10/31/microbe-92-5709025.html

     

  • Paroles déchirées

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    Broyés par un torrent de références. Angoisse de savoir ce que l'on peut encore écrire ou dire. Tout a déjà été récupéré. Résidence surveillée de la pensée. Images kalachnikovs. AK 47. La langue dans la bouche. Faire corps avec sa machine. Dedans ou dehors, les détails font le quotidien. La vie rage grouille et piétine. Du sable collé aux yeux et à la peau, de sombres nuages étendent partout leur ombre meurtrière. Ils sont tout puissants et tiennent les peuples prostrés et muets sous la menace de leurs forces. L'air est à bout de souffle. Venu de ville de régions de villages jusqu'alors ignorés. Foule en marche. Franchir les frontières. Disparaître. Se tirer. Terra incognata. Et le reste suivra.

  • Routine quotidienne

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    Hier matin, je marchais sur un trottoir de la rue Paradis, quand soudain, une forte odeur de merde a attiré mon regard vers les poubelles qui se trouvaient posées sur le bitume près des containers, et là, j'ai vu un slip blanc tout neuf plein de merde, la merde qui dégoulinait sur le plastique vert du sachet, la merde fraîche d'un homme qui n'avait pas pu se contenir, une merde d'une belle couleur chocolat liquide, la merde d'un type qui avait la diarrhée, toute cette merde au bord du trottoir de la rue Paradis, une rue de magasins chics et d'appartements bourgeois, cette merde posée là à la vue de tout le monde, et non pas planquée dans un container, est-ce que le mec portait un costard cravate avec cette culotte si blanche et si bien taillée dans un pur coton bien épais ? S'était-il déshabillé dans la rue ? Avait-il un kleenex dans son attaché-case pour se torcher le cul ? Est-ce une vengeance ? Est-ce la vengeance d'un commerçant de la rue envers le commerçant dont la devanture se situe devant les containers poubelles où se trouvait le slip plein de merde ? Peut-être que ce magasin appartient à une femme et que cette femme vient de larguer celui qui a déposé le slip plein de merde pour la faire chier ? Peut--être...

  • Un peu de fièvre

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    Toutes sortes de choses
    Toutes sortes de sons

    Mégots de cigarettes
    Poubelles défoncées
    Saleté dévastatrice
    Moiteur provocante

    Univers égocentrique
    Lèvres rouges
    Devantures de magasins

    Boulangeries
    Galeries de visages
    Piliers de bars

    La force qu'il faut pour
    Vivre une vie privée
    Sous le bruit et dans
    Le fracas du monde