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station de métro

  • Libre service

     

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    Je lance mon sac sur le sol et je descends doucement les marches jusqu'à l'endroit où mon sac a atterri. Même si je sens la chaleur du soleil sur ma peau, la fraîcheur de l'air me rappelle que l'automne vient juste de commencer. Dans la rue, qui ressemble à une scène de théâtre, quelques flâneurs se déplacent avec un rythme de tortues. D'autres, les manches retroussées jusqu'aux épaules, prennent position sous les porches. Dans un des magasins, où je me rends pour acheter du café, le comptoir de caisse, ressemble à une table de cuisine. Derrière, il y a trois ou quatre étagères de boîtes de conserves, des grandes armoires réfrigérées qui contiennent des produits laitiers, des aliments surgelés, de la bière, du coca, des trucs de première nécessité. Les oeufs sont rangés dans des boîtes à oeufs, empilées sur le comptoir. Le patron est avec deux femmes qui paraissent plus âgées que lui, et avec deux hommes également plus âgés. Ils boivent de la bière et mangent des pizzas. Au moment où ils parlent, leurs bras semblent aussi légers que de la plume, et pleins de lumière dans l'air, comme s'ils pouvaient s'envoler avec grâce. Je leur fais un grand sourire, et dans une fraction de seconde, je traverse le parking d'un pas allègre. La circulation des heures de pointe commence. Elle s'écoule encore vite le long des rues, mais se congestionne tout à coup aux intersections. Plus bas, sur le quai de la station de métro, une voix électrique sort du haut-parleur au-dessus de moi. Un homme se cache derrière un journal. Pas grand chose d'autre. C'est tout ce qu'il y a.

     

    http://www.radiodiction.org/

    Tous les mardis de 13 à 14 heures

    88.4 sur Radio Galère à Marseille

     

  • Marché des Capucins

     

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    Les sacs en plastique s'accumulent en montagnes molles. Une plaque de tôle s'agite comme une lèvre capricieuse. L'atmosphère est bruyante. Autour de moi, les gens sont gais. Sous les pieds, le rythme est contagieux. L'asphalte glissant y ajoute une pointe de piment. Le brouhaha, le bourdonnement des voix, s'écoulent le long des ruelles. Seuls, des hommes sont assis aux terrasses des cafés, comme  dans une éternelle attente. Spectateurs et acteurs sont les mêmes. Les deux émoussent les angles aigus de leur identité, comme des galets charriés ensemble par les vagues de la mer, se frottent et se lissent avec le temps. Le bouillonnement dans la tête, les conversations, les impulsions, les fantasmes, les ressentiments, s'accumulent. Pourquoi ce désir si fort de s'exposer ? La vie émotionnelle est un système d'égout complexe. Il faut chier tous les jours, ou ça bloque dans le trou du présent. "Pourriez-vous me dire l'heure ?" Elle est coiffée d'un foulard blanc et porte un manteau vert. "Dix heures trente". Je dis merci. Elle s'éloigne, en marchant en direction de la station de métro. Assis sur l'appui d'une fenêtre, un petit garçon contemple le soleil. Il sourit doucement. Je m'engage d'un pas lent le long de la rue. Mes pensées filent. Elles se bousculent sans que je puisse les retenir.

     

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