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spectateurs

  • Penzlauer Berg

     

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    Schönhauser Allée. C'est là que je descends. La soirée est déjà bien avancée. Dans quelques minutes, je vais déposer mes bagages. Je Marche. Nous sommes trois. Nous marchons. Les trottoirs sont larges, bordés de roses trémières. Il n'y a pas de poubelles dans les rues. Pas de détritus. Les fenêtres des rez-de-chaussée ne sont pas protégées par des barreaux. Certaines sont ouvertes. Je peux apercevoir l'intérieur des appartements. Nous traversons un parc avec de grands arbres. Les fleurs semblent semées à la volée. ça sent bon la terre après la pluie. Quelques personnes assises sur des bancs prennent le frais. C'est calme. Les voitures ne circulent pas. Seuls, les vélos parcourent les rues. La nuit est rassurante. Elsa, notre accompagnatrice, nous dit qu'à Berlin ça craint pas pour les filles. ça craint pour personne. On peut rentrer à n'importe quelle heure de la nuit et dans n'importe quel état, sans aucune crainte. Vue d'ici, Marseille ressemble à un immense corps malade fait de millier de sortes de vies qui s'agglutinent et qui luttent ; qui s'embrassent et se détruisent les uns les autres, sur un fond de vomissures, de merdes de chiens et de relents d'ordures. De là cette mauvaise haleine qui permet à la circulation, à la digestion, aux systèmes excréteurs de continuer à fonctionner, comme au cours d'un coma prolongé. Au fur et à mesure que je marche, je me demande si ce n'est pas tout le pays, avec son interminable défilé de tocards, qui se trouve dans un coma prolongé.

  • J'aime les mots

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    D'énormes icebergs de béton émergent, géométrie d'ombres et de souvenirs, rêve de pierre que nul réveil n'interrompra jamais. Les odeurs des gaz d'échappement me parviennent avec le rugissement des moteurs. Plantés au-dessus de ma tête, des écrans d'affichage électronique, affichent des annonces soulignant que les règles de sécurité sont dignes d'un aéroport. Quelques mètres plus loin, le stade de football se dresse sous des rangées de projecteurs qui illuminent le ciel nocturne. Le match vient de s'achever. Les spectateurs se déversent dans les rues, à la recherche de leur voiture. Certains tambourinent sur le toit des véhicules. Ils ont tous l'air de bonne humeur, mais curieusement menaçants, comme s'ils célébraient à travers le football le dernier espoir de violence de notre société qui marche en somnambule vers l'anéantissement, sans penser à rien, qu'aux logos de son linceul.