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rue de tilsit

  • Jus de chique

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    Il crache son jus de chique sur le trottoir. Un camion brûle un feu rouge. Il y a une télé sur une étagère. Le barman monte le son. L'image saute. Puis, elle se stabilise. Le haut-parleur crache des parasites. La confusion règne sur l'écran. Un millier de téléviseurs sont allumés. Des fenêtres défilent. Toutes déformées par le verre teinté. Une dizaine de personnes. Qui parlent. Qui s'agitent. Qui contaminent les informations. Un homme lève son verre. Il laisse vagabonder ses pensées. Une strip-teaseuse tangue tout près de lui. Elle porte un cache-sexe. Son épilation ne date pas d'hier. Soudain, une femme le bouscule -joues humides et mascara qui coule- C'est la gifle qui fait déborder le vase. Elle le gifle. Elle pleure. Elle crie. Elle lui laboure la nuque de ses ongles. Il lui couvre la bouche avec sa main. Elle retrousse ses lèvres. Elle le mord. Il trébuche et roule à terre. Elle lui demande pardon. C'est sa femme, à lui. Ils prennent autant de plaisir à se battre qu'à faire l'amour. Des embrouilles. Encore et toujours des embrouilles. Mais, ils sont tellement bien ensemble, tous les deux. Bientôt, ils vont se tenir par la main. Le barman bricole toujours sa télé. Il tripote des boutons. Il tortille des fils. Les parasites redoublent. La télé devient toute noire. La télé est morte. Il y a une saute de vent. Les vitres gémissent. "Dis-moi quelque chose de sympath, tu veux bien ?... Raconte-moi comment s'est passé le dernier spectacle ?..." Il tire sur sa cigarette. Au loin, un chien aboie.

  • Aykü rue de Tilsit

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    Je le suis à la trace. Il peuple les murs des quartiers où je me déplace. Aykü, vacillement visuel qui assure la circulation et l'échange, masse bruissante d'une langue qui arrête mon regard, où je me reconnais dans cette aération émotive de la mobilité qui se déploie sur les murs de la ville, destinés à suspendre le langage. Aykü sans (S) illimité sans idée de grandeur.