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rue de marseille

  • Place des Halles Delacroix

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    Le matin tout est différent. L'air frais tire les traits du visage et ouvre les yeux ensommeillés des passants. L'eau s'écoule le long des caniveaux. Elle emporte avec elle les restes nocturnes. Mégots de cigarettes, cartons de joints, pisse chargée de bière, crottes de chiens, restes de bouffe, capotes, tout glisse lentement vers les égouts et se dirige vers la mer.
    Place des Halles Delacroix, le duvet vert sur les arbres dénudés annonce le printemps. Je marche au milieu des étals chargés de légumes et de fruits venus de tous les pays d'Afrique et d'Asie. Les gens que je croise me disent bonjour. Ce sont des frères. Une échappée d'espoir.
    Sur l'appui d'une fenêtre, un petit oiseau brun a l'air de vouloir s'échapper. Un bout de voyage commence. Migration sans fin à travers des kilomètres de miroirs.

     

  • L'auto rouge

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    Plusieurs voitures passent dans la rue. Des gens à pied défilent sur les trottoirs, l'air pressé. Le vent leur soulève les cheveux.
    Un peu plus tard, la pluie s'abat en courtes rafales, d'énormes gouttes crachantes et ondoyantes giflent le bitume avec un bruit soyeux. La rue est noire, luisante. Les caniveaux débordent.
    C'est la fin du mois de mars. Les arbres sont verts. Les voitures soulèvent des gerbes d'éclaboussures. Elles se dirigent vers la sortie de la ville, mais se retrouvent bloquées à chaque feu rouge.
    Un chien mouillé pisse contre le poteau de l'arrêt de bus. Un autre chien s'approche du poteau, le renifle, et se met à pisser dessus à son tour.
    On entend les cris grinçants des mouettes. Ensuite, la pluie arrive en diagonale. Le vent donne des bourrades dans les cheveux et sur les yeux. Il résonne dans le ciel et resserre le plissé des nuages qui semblent devoir prendre appui partout.
    L'auto rouge approche et presse la terre de ses pneus puissants.
    Ainsi donc.

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  • Les fausses notes

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    Comme pour donner forme à la musique de ses mains, elle frotte l'avant de sa robe pour se débarrasser de quelques miettes imaginaires et se masse les doigts pendant un bon moment.
    Le long de la rue, une moto pousse son torrent mécanique. On dirait une boule de flipper en route pour un bon score.
    Un clochard qui louche, hurle que tout est fini. Il secoue la tête et grommelle un "merde merde merde merde" adressé à nul autre que lui-même.
    Il n'y a aucun endroit pour s'assoir, mis à part une chaise en plastique près des poubelles. Le ciel est couvert. Un peu de lumière perce derrières les nuages.
    Maintenant, le son d'un piano, les cris des enfants qui jouent, une sonnerie de téléphone, un claquement de talons hauts sur le carrelage, une voix de femme qui répond.
    Un chat passe. Noir. Tandis qu'une voix de radio débite des informations.
    La pluie tombe. Elle gifle les yeux. Puis le silence de nouveau.

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  • Ligne de mire

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    Rue du Musée. Rue de l'Académie. Rue d'Aubagne. Rue de la Palud. Rue Moustier. Rue d'Aubagne. Place Paul Cézanne. Notre Dame du Mont...
    Je marche dans les rues, observant le mouvement fluide du monde autour de moi. Je marche tout simplement au hasard. Les trottoirs sont bondés. Le bruit des voitures emplit mes oreilles. Quelqu'un klaxonne longuement. J'entends des sirènes au loin. Les lumières forment des points brillants qui éclaboussent les vitres des voitures.
    Devant un café, sur la terrasse, un chien lève la patte et pisse sur le pied d'une table, tout près de celui d'un homme en train de boire son pastis. C'est un homme mince, d'une soixantaine d'années, avec des cheveux gris et abondants, soigneusement peignés. Ses yeux froids, légèrement voilés, sont plats et sans relief au milieu de son visage.
    Il avale une longue gorgée et finit son pastis. Il jette un coup d'oeil à sa montre, se lève et quitte la terrasse du café.
    Dans la rue, il resserre le col de sa veste et se met à marcher. Il ne regarde pas les gens qu'il croise. De temps à autre, il s'arrête à une devanture et examine son reflet dans la vitrine. Il reste longtemps en contemplation, puis sa bouche s'ouvre et il en sort une toux sèche, étranglée. On dirait la toux d'un homme enseveli qui a la gorge pleine de terre.
    Une odeur de tarte aux pommes tiède s'échappe d'une cuisine. Soudain, j'éprouve une brusque sensation de vide au creux de l'estomac. Je traverse la rue. La soirée est fraîche et sans nuages. Dans la cour d'une maison, un petit garçon empile des cartons sur le seuil éclairé de ce qui semble être un abri de jardin.
    Je poursuis mon chemin. Personne dans la rue, malgré la lointaine rumeur de la circulation.

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