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rue d'aubagne

  • Dream city

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    Quand le réveil sonna, il aurait voulu garder les yeux clos et continuer son rêve. Quelqu'un, il ne savait pas qui, marchait sur une route, portant quelque chose, un sac de voyage peut-être. Dans le rêve, il ressentait une impression de bien-être.
    Il se tourna sur le côté et poussa un bouton pour arrêter la sonnerie. Il resta encore un peu au lit. Puis, il se leva, mit les pieds dans ses espadrilles, et alla à la cuisine mettre en route le café. C'est alors qu'il entendit un grondement sourd dans la rue. Il regarda par la fenêtre. Un vieux break se rangeait dans le parking en face. Il y avait des vêtements pendus dans la voiture et d'autres empilés à l'arrière.


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  • Méditerranée

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    Le temps est au beau depuis quelques jours. Le soir sent le printemps et les gaz de la rue. La lune s'est levée. Par moments, de légers nuages passent sur elle. Ils se colorent alors de nuances bleues.
    Dans la rue, un chat rôde en miaulant près d'un tas d'ordures faiblement élcairé par le reflet des fenêtres. La pulsation sourde d'un autoradio se répand par les portières grandes ouvertes d'une voiture. Quelques secondes plus tard, le tintement d'un porte-clefs contre une porte et un crachat qui explose en étoile sur le goudron.
    Comme d'habitude, la mer a le charme des choses qui ne se taisent pas la nuit. Rien n'y demeure, rien n'y passe qu'en fuyant, et des bateaux qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui ? Et cette eau de la mer est bien plus délicate que la terre endurcie.
    Quand la nuit est presque venue et que le ciel est sombre, elle luit encore faiblement, on ne sait par quel mystère enfoui sous les flots.

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

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    Appeler pour dire un texte
    24h/24 appel non-surtaxé

     

  • Libre service

     

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    Je lance mon sac sur le sol et je descends doucement les marches jusqu'à l'endroit où mon sac a atterri. Même si je sens la chaleur du soleil sur ma peau, la fraîcheur de l'air me rappelle que l'automne vient juste de commencer. Dans la rue, qui ressemble à une scène de théâtre, quelques flâneurs se déplacent avec un rythme de tortues. D'autres, les manches retroussées jusqu'aux épaules, prennent position sous les porches. Dans un des magasins, où je me rends pour acheter du café, le comptoir de caisse, ressemble à une table de cuisine. Derrière, il y a trois ou quatre étagères de boîtes de conserves, des grandes armoires réfrigérées qui contiennent des produits laitiers, des aliments surgelés, de la bière, du coca, des trucs de première nécessité. Les oeufs sont rangés dans des boîtes à oeufs, empilées sur le comptoir. Le patron est avec deux femmes qui paraissent plus âgées que lui, et avec deux hommes également plus âgés. Ils boivent de la bière et mangent des pizzas. Au moment où ils parlent, leurs bras semblent aussi légers que de la plume, et pleins de lumière dans l'air, comme s'ils pouvaient s'envoler avec grâce. Je leur fais un grand sourire, et dans une fraction de seconde, je traverse le parking d'un pas allègre. La circulation des heures de pointe commence. Elle s'écoule encore vite le long des rues, mais se congestionne tout à coup aux intersections. Plus bas, sur le quai de la station de métro, une voix électrique sort du haut-parleur au-dessus de moi. Un homme se cache derrière un journal. Pas grand chose d'autre. C'est tout ce qu'il y a.

     

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    Tous les mardis de 13 à 14 heures

    88.4 sur Radio Galère à Marseille

     

  • Le Lamparo

     

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    Etroite et légèrement en pente, la rue est illuminée par les rayons du soleil matinal qui réussit à se frayer un chemin entre les immeubles -pas de beaux immeubles en pierre de taille avec leurs habitants en tenue coûteuse tirés à quatre épingles- mais, des immeubles aux façades miteuses, parsemées de grandes taches jaunâtres qui font penser aux marques de nicotine sur les dents d'un gros fumeur. Ici, la rue est sale et négligée. Elle fourmille de passants qui se saluent comme s'ils se trouvaient dans un petit village. Le long de la rue, des marchands proposent légumes, viandes, sucreries, épices exotiques et parloirs téléphoniques. Il y a aussi quelques hôtels de cinquième catégorie. Ce sont des refuges pour ceux dont les yeux sont tellement vides d'espoir qu'on peut encore y voir les plaines brûlantes balayées par le vent, et encore plus loin derrière, le miroitement des manches de pioches et les marteaux-piqueurs. Avec ses fringues kaki toutes fripées, l'homme ressemble à un vieux soldat, au bout d'une longue campagne, qui essaie de faire durer ses bières pour faire passer le goût de la mort qu'il a dans la bouche. Son chien, vautré près de lui comme un petit pote fatigué, ne relève la tête que pour boire un peu de bière dans un cendrier sale posé sur le trottoir. Lorsque je le dépasse, je me dis que la pensée du chaos et de l'insignifiance prend souvent le dessus au moment du contact avec le réel. La vie est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien.