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  • La fenêtre

    Les images qui défilent devant la fenêtre changent, se dissipent, s'assombrissent, se colorent. La rue, arrosée par la pluie, affiche des prétentions de métropole. Au huitième étage, une fille rondelette est assise de dos sur le rebord de la fenêtre. Elle épluche des pommes de terre. Chant monotone et régulier du couteau qui ôte la peau. Brûle-encens. Les rues du centre ville portent la barbe. Il y a des gens qui mangent des dattes. D'autres, les noyaux. Chaque étalage dans la rue, tout ce qu'on voit, tout ce qu'on imagine, évoque le drame qui se joue. Même le paisible silence de la nuit.

    Revue MICROBE 92 (2 proésies)
    http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2015/10/31/microbe-92-5709025.html

     

  • Réverbère

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    La ville pue le moisi et dégage une odeur de vieux cartons empilés. Près de l'eau, deux hommes parlent à côté d'un long bateau amarré au ponton qui se réduit à un radeau composé de fûts de pétrole et de pneus de voitures.
    Accroupie près de l'amarre, une fille fume. Elle fait tomber les cendres de sa cigarette dans une petite boîte métallique. Elle porte un grand chapeau de paille dont elle a rabattu sur les yeux le large bord.
    Des nuages épars s'amassent, masquant parfois le soleil. L'air chaud fait comme une chape qui pèse puissamment sur toute chose.
    Alors que cette fille paraît enfermée dans une joie paisible que rien ne troublerait jamais, elle tourne la tête en souriant et se met à agiter frénétiquement les mains.
    Une camionnette s'arrête. Le conducteur la regarde à travers le pare-brise maculé de chiures de mouches.
    Malgré l'absence de tonnerre, on devine l'imminence d'un orage dans le déséquilibre de l'atmosphère.

    http://www.lecafardheretique.fr/
    Trip acide vient d'être publié dans le n°2

     

  • Les peaux rouges

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    Sur les murs au soleil de la ville
    Sur les murs des sous-sols de la ville
    Sur les vitrines
    Les façades
    Les bâtisses vénérables
    Je vois des insultes en couleur
    Elles ont un nom connu et respecté
    On les appelle publicités
    Mais la nuit je vois dans l'ombre de la ville
    S'animer des mains de rêveurs
    Ce sont des peaux rouges à la parole stridente
    Embusqués dans le maquis des mots
    Leur couleur est cosmopolite, hors taxe et métèque