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quartier de marseille

  • Une note aiguë

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    Son visage se raidit. Les rides disparaissent de sa figure musclée. Ses yeux reprennent de l'éclat. Elle redresse ses épaules et regarde autour de la chambre vide. Il ne reste que des choses sans valeur. Les matelas qui gisaient par terre ont disparu. La commode a été vendue. Sur le sol, il y a un peigne cassé, un poudrier vide, quelques cotons tiges. Elle prend, dans une des caisses qui a servi de chaise, une vieille boîte abîmée dans les coins. Elle s'assoit et ouvre la boîte. A l'intérieur, il y a des lettres, des coupures de journaux, des photos, une paire de boucles d'oreilles. Elle touche les lettres du bout des doigts. Elle lisse les coupures de journaux. Longtemps, elle regarde la boîte qu'elle tient entre ses mains. Ses doigts dérangent les lettres, puis les remettent en ordre. Pendant un court instant, elle remue ses souvenirs. Finalement, elle prend une résolution et pose doucement la boîte sur les braises du feu de bois. La chaleur carbonise rapidement le papier. Une flamme surgit, lèche la boîte, et instantanément le feu absorbe la boîte dans son souffle. Au-dehors, on entend les bruits habituels aux campements, le bois qu'on coupe, le cliquetis des casseroles, le bruit de tonnerre des gros camions du chantier qui passent en faisant trembler le sol.

  • L'odeur du goudron

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    L'herbe a l'air plus verte, les bancs du jardin public ont meilleure allure et les fleurs se donnent plus de mal pour briller. Marseille se dévoile comme un chantier permanent. Des parties de quartier sont rasées, de nouveaux immeubles se dressent vers le ciel, d'autres encore en construction sont entourés d'échaffaudages. Dans certaines ruelles où les maisons sont plus anciennes [certaines sont murées] des vêtements sèchent aux fenêtres. Plus loin, loin du centre, les touristes descendent des bateaux de croisière. Ils prennent le bus et vont faire leurs achats au Port, dans le ghetto qui leur est réservé. Ils sont tous à la queue leu leu. Ils s'agitent, gesticulent, parlent, crient. Ils sont tous pressés, question de savoir ce qu'ils trouveront au bout de l'aventure. Pourtant, le soleil brille dans le ciel et la mer est propre. Un homme fume une cigarette pendant qu'il boit. Il se parle à lui-même. Il rumine des pensées qui s'envolent. Dans sa tête, un flot de pensées. Boucles. Méandres. Tourbillons. Coups de cymbales. Il transpire aux aisselles, à la nuque, au dos. Il se lève hâtivement, puis il s'éloigne. Un bruit approche. Des moteurs. C'est un convoi de l'armée. Une longue file remplie de soldats. Toute une cargaison qui roule lentement. Un convoi très long et très lent. Le monde est en guerre.