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quartier de la madrague ville

  • Message is the bottle

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    Les voies rapides se chevauchent dans un coït géant aux membres emmêlés et les phares des files de voitures illuminent le soir comme des lanternes pendues à l'horizon. Quelque part, dans cette mosaïque complexe de biens de consommation et de signes extérieurs de richesse, toutes les voies sont obstruées de véhicules pris dans un énorme embouteillage. Les stops brillent dans l'air du soir comme des feux dans une immense plaine de corps cellulosiques. La haute muraille d'un autobus donne l'impression d'une falaise de visages. Les passagers qui regardent, évoquent des alignements de morts. Une voiture de police, phare tournant fouettant l'air d'une lueur bleue, se fraye un chemin sur la rampe descendante. Partout, autour de moi, les perspectives changent. Des mouches grouillent contre le double vitrage. Elles jettent un voile bleuté devant mon regard. J'ai le sentiment que tous les véhicules sont immobiles et que la terre tourne follement sous leurs roues. Lorsque je lève les yeux vers le ciel assombri par la nuit, il me semble que le sperme d'un extra-terrestre inonde tout le paysage ; qu'il alimente en énergie ces milliers de machines qui défilent sur la voie express. Les êtres humains qui peuplent ce paysage n'en fournissent plus les points de référence. Ils ne détiennent plus les clés de leur identité. La pornographie étant devenue la forme la plus intéressante politiquement [montrant comment les hommes se manipulent et s'exploitent les uns les autres de la manière la plus impitoyable] les êtres humains qui peuplent ce paysage poursuivent un rêve de violence et de sexualité, tuant chaque année des milliers de personnes et en blessant des millions. L'excés de bien-être fait qu'ils ne sont plus et que le proche doit rester lointain, comme si, se mêler à son semblable provoquait la confusion.