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prose urbaine

  • Rue de la République

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    Dans ce quartier, bon nombre de maisons en bordure de rue sont camouflées derrière des échafaudages et des bâches en plastique. Les piétons circulent sous les échafaudages par d'étroits tunnels faisant office de passerelles. Des embranchements à intervalles réguliers s'ouvrent sur des portes d'entrée et des commerces.
    Non loin d'un petit supermarché, un vieux poivrot fait glisser son pantalon en toile crasseuse le long de ses jambes, puis il s'accroupit sur la grille du métro et lâche sa merde. Il finit par se relever et le pantalon sale autour des chevilles, il essaie de faire deux pas en traînant les pieds. Les couilles à l'air qui ballotent, il semble réfléchir.
    Des gens passent et des nuées d'oiseaux ruissellent dans le ciel comme les gouttes aiguës d'un métal fondu.

    à lire : "Les mauvaises herbes" mon essai fiction publié
    par la revue électronique de littérature SQUEEZE N°3
    dans la rubrique "de l'utilité de l'art"

    http://revuesqueeze.blogspot.com

  • Laissez-moi vivre

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    Le ciel devient gris. La rue grouille de vie furtive. Un homme marche silencieusement. Il se coule dans la foule et traverse les rues. Il est coiffé d'un vieux feutre. Ses yeux sont d'un brun sombre. Ses pupilles sont vaguement teintées de brun. Il a de fortes pommettes. Des rides profondes sillonnent ses joues. Elles s'incurvent autour de sa bouche. Sa lèvre supérieure est longue. Comme ses dents avancent, les lèvres se tendent pour les couvrir. L'homme tient ses lèvres fermées. Ses mains sont dures. Ses doigts larges, avec des ongles épais et striés comme de petits coquillages. L'espace compris entre le pouce, l'index et la paume de ses mains est couvert de callosités épaisses. L'homme porte des vêtements bon marché. Son veston est trop large. Son pantalon trop court. Il porte une paire de souliers jaune clair. Debout au soleil, il tire un paquet de tabac et du papier à cigarette d'une de ses poches. Il roule lentement sa cigarette, l'examine, la lisse... Finalement, il l'allume et regarde la rue en clignant des paupières à travers la fumée. Je ne vois qu'une petite lueur entre ses cils. Ses yeux sont tournés vers l'intérieur, paisiblement... [Aucun réfugié n'échappe à sa traque]... Je le regarde. Je me demande quel effet ça lui fait de ne pas connaître la terre qu'il a devant sa porte ?... Je regarde sur une carte. La maison est morte. Les gens sont morts. Il y a de grandes montagnes. Faut passer tout droit à travers... Combien de temps faut-il pour venir de si loin ?... Depuis que le temps, c'est de l'argent, plus personne ne lui demande de suspendre son vol...

  • Mabuse

     


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    C'est pendant la crise. La scène est simple. On dirait une scène de film. Il est minuit environ. La nuit est fraîche et claire. Un jeune couple est installé à une table près de la porte. Ils boivent de la bière et fument une cigarette. Puis elle dit quelque chose. Il fait oui de la tête et il parle. Puis ils se taisent [Un temps] Elle boit une gorgée de bière. Elle sourit et se penche pour consulter son téléphone. Dans sa main gauche, elle tient une cigarette entre l'index et le majeur. Elle boit une gorgée de bière. C'est bon. Il l'observe pencher sa tête en arrière en buvant. Quelques petites rides sillonnent son cou. Elle ne dit rien. Lui non plus. Ils restent là assis à se regarder en descendant leur verre de bière [Un temps] Dehors la lumière des enseignes au néon du boulevard filtre au travers des stores poussiéreux. La rue est jonchée d'un tas d'objets : une vieille chaussure, une chemise orange, un vieux sac à main, un pamplemousse pourri, une autre chaussure, un jean, un pneu...