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prose

  • Invader

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    Trois grands mâts de panneaux indicateurs se dressent sur des caissons cimentés au bord du périphérique. En contrebas, des carcasses de vieux fourgons et de voitures rouillées, des tas de pneus et de ferraille, des mauvaises herbes, et quelques cent mètres plus loin, un centre commercial. [Bruits de tambours incessants, continus] Des voitures passent à toute vitesse en direction d'un tunnel. Je vois leurs toits au-dessus du garde-fou. Soudain, une sirène de police monte, de plus en plus aiguë, comme pour se frayer un chemin dans les files de voitures. Je regarde le crépuscule glisser sur les façades. La taille des immeubles semble changer selon les jeux de la lumière sur les panneaux de verre, comme pour jeter un défi au soleil. [Pendant quelques secondes, des éclats de musique amplifiée roulent sous le ciel] En parcourant les alignements interminables de balcons, j'ai soudain la vision de milliers de personnes incapables de demeurer là plus longtemps et se mettant à courir entre les voitures poussiéreuses. [Une cacophonie vagissante emplit l'air]

  • Istanbul

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    Je m'assieds en terrasse. J'observe les gens qui attendent en buvant un café. Je les observe tandis qu'ils attendent. Je suppose qu'il n'y a rien d'autre à faire. Attendre en buvant un café noir et fort. Comme eux, j'attends. Sur le trottoir en face, passent des gens. C'est bon d'être assise quelque part dans ce monde. Personne ne nous fait de tort. Nous ne faisons de tort à personne.

  • Les brocolis

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    Nous qui achetons des tomates, des carottes, des chewing-gums et du papier toilettes, on forme de longues files. On avance un peu. On attend. Une femme pèse des brocolis sur une balance et examine cette balance avec un grand sérieux. Elle porte une robe rose et des faux cils. Elle prend des brocolis. Elle les glisse avec précaution dans un sachet plastique transparent. Je regarde la façon dont elle marche. je l'imagine courageuse et folle. Je me dis que rien ne vaut la plaisanterie que nous sommes, le sérieux que nous sommes, la lourdeur que nous sommes.

  • Parking

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    Dans la saleté poussiéreuse du parking, les rats s'activent entre les poubelles et les canettes de bière. Des sacs plastique s'entassent sous les cafards et des poivrots ont besoin d'un bon rasage. Le vent fait voler des bouts de cellophane. Il fait plus de 25 degrés. Des voitures se garent, d'autres partent. Une femme tout en cul et en seins, court en agitant ses mains. Elle repousse ses cheveux en arrière. Son visage est rouge. Elle monte dans une voiture et sort du parking en marche arrière jusqu'au coin de la rue. Puis, elle se remet en marche avant. L'autoroute est juste à côté. Accès à la bretelle. J'observe une mouche. Je mange une pastèque d'un rouge artificiel. Je crache des pépins. Je continue à manger.

  • Transit

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    Depuis la grande salle où les touristes boivent des coca-cola couleur marron suspecte, jusqu'à la terrasse aux murs couverts de graffiti, tout est très cosmopolite dans ce bar. A ma droite, il y a une rousse à la chevelure ébouriffée d'endives qui fait semblant de lire American death trip. Près d'elle, une tache orange sur son pull-over bleu, un enfant parle la bouche pleine. Un vieil homme me demande une cigarette. Il est presque en loques et s'appuie contre la mort. Je lui en donne deux avec précaution. Une fille en mini court dans la rue en tortillant du cul. Remuant et tortillant du cul. Les garçons la regardent, cloués sur place. Ici, il n'y a pas grand chose à faire. Ce n'est rien qu'un passage dans la vie quotidienne.