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promenade urbaine

  • Dream city

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    Quand le réveil sonna, il aurait voulu garder les yeux clos et continuer son rêve. Quelqu'un, il ne savait pas qui, marchait sur une route, portant quelque chose, un sac de voyage peut-être. Dans le rêve, il ressentait une impression de bien-être.
    Il se tourna sur le côté et poussa un bouton pour arrêter la sonnerie. Il resta encore un peu au lit. Puis, il se leva, mit les pieds dans ses espadrilles, et alla à la cuisine mettre en route le café. C'est alors qu'il entendit un grondement sourd dans la rue. Il regarda par la fenêtre. Un vieux break se rangeait dans le parking en face. Il y avait des vêtements pendus dans la voiture et d'autres empilés à l'arrière.


    http://revuesqueeze.com/actualites/revue-squeeze-n8/

  • Corniche Kennedy

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    Les voitures roulent, les camions, les autobus, les scooters. On sent la proximité de la mer. Le ciel est bleu. parfois du blanc. Tout à l'heure, le soleil, un ensemble d'immeubles en verre transparent. Les bateaux qui avancent sous le ciel. Pas de fleurs. Pas de jets d'eau. Pas de fontaines. Mais un camion de pompiers qui passe à toute allure. Sur le trottoir, on voit deux rats couchés sur l'asphalte, éventrés, les entrailles à l'air.

    "L'étrangère" micro-fiction publiée dans le magazine de l'ADA
    http://www.autour-des-auteurs.net/magazine/new_mag.html

    L'Ampoule n°6 des éditions de l'abat-jour
    http://www.editionsdelabatjour.com/

  • Rue Notre Dame des Grâces

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    Le soir sent les gaz de la rue. La lune s'est levée. Par moments, de légers nuages passent devant elle. Ils se colorent de nuances bleues. Sur le trottoir un chat rôde près d'un tas d'ordures. La pulsation sourde d'un autoradio se répand par les portières grandes ouvertes d'une voiture. Quelques secondes plus tard, le tintement d'un porte-clefs contre une porte. Un crachat qui explose en étoile sur le goudron. En face, trois clochards allongés sous leurs emballages de cartons, chacun s'accroche à sa bouteille, enveloppée dans un sac plastique souillé.

    "L'étrangère" micro-fiction publiée dans le magazine de l'ADA
    http://www.autour-des-auteurs.net/magazine/new_mag.html

    La revue l'Ampoule n°6 des éditions de l'abat-jour
    http://www.editionsdelabatjour.com/

  • Un jus de ciel bleu

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    Ciel bleu sur les banlieues, les blocs de gris et les bétons, les ballasts, les tags et les buissons des petits jardins. Ciel bleu dans la mer et sur les autobus climatisés. Ciel bleu sur la place des capucins et sa rue longue où brillent les tranches de pastèques, les fruits sur les étalages, les boîtes de thé et le tabac à chiquer.
    Ciel bleu, klaxons, balayettes et sacs en plastique, odeur de goudron, on se racle la gorge, on crache, "cigarettes, légendes, marlboro", des pas, des voix, des cris, des marteaux, des machines, voix et musique partout, la ville est un chantier et le monde me saute aux yeux, comme les mots venus sur le papier, avec des gestes et des voix me sautent aux yeux.
    Et je suis ce rien, doué de phrases, qui retraduit en évidence son ignorance : écrire vient dire son mot.

    http://www.editionsdelabatjour.com/

    p.76 vous pourrez lire ma microfiction
    Notre Dame des morts violentes

  • La minijupe

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    Une minijupe sur les fesses, elle achète un bouquet d'oeillets, rouges comme sa jupe. Un costaud aux cheveux filasses passe tout près, si près qu'on peut voir le tatouage à son bras et sentir l'odeur de tabac entre ses dents gâtées. Il lève les yeux sur elle et sourit. Des bruits diffus arrivent de loin. Un volet claque quelque part. Un chat débouche d'une ruelle. Il va miauler devant une porte. La porte s'entrouvre. Le chat entre.
    Une vieille femme assise sur un carton. Une main ouverte. A côté d'elle, quelques bananes bien mûres. Dans les rues, l'insolite et le banal ne font qu'un. Le trivial et le sublime aussi. La poésie -comme la photographie- sera faite par tous écrivait déjà Lautréamont.
    Pendant que je marche au-dessous des nuages, mes pensées s'envolent vers Araki et son interminable roman photographique. Traces hasardeuses d'une humanité provisoire et fragile.
    Un employé municipal vient vers moi en balayant le caniveau. Il racle énergiquement la bordure du trottoir avec l'angle de son balai pour entraîner le moindre débris.

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

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