Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

poétique de la ville

  • Couleur chair

    IMG_2938.JPG

    C'est une petite brune en jeans. Les bottes qui lui montent jusqu'aux genoux ondulent au-dessous d'un blouson en cuir. Elle passe sous des réverbères et le long des vitrines illuminées des magasins fermés. Elle regarde passer un bus et une femme en vélo. Elle s'arrête près d'une bouche d'incendie pour reprendre son souffle. Pourquoi l'esprit peut-il faire ce qu'il veut, pendant que le corps ne suit pas ?
    Un pied après le suivant, ne penser à rien d'autre, un pas à la fois, nouveau trottoir, éviter les grilles au sol, les passants son rares dans la rue, les crottes de chiens se cachent partout sur les trottoirs, on ramasse avec un sachet en plastique et voilà, bonjour poubelle !

  • Le corps de la ville

    IMG_2815.JPG

    Lorsque je marche dans les rues de la ville, que je les connaisse déjà ou que je les découvre au fil des pas, ma relation avec la ville est d'abord une expérience corporelle. Un fond sonore et visuel accompagne ma déambulation. Ma peau enregistre les fluctuations de la température et réagit au contact des objets ou de l'espace. Je traverse des nappes d'odeurs pénibles ou heureuses. Cette trame sensorielle donne à mon cheminement au fil des rues une tonalité plaisante ou désagréable selon les circonstances.
    La ville n'est pas hors de moi, elle est en moi. Elle imprègne mon regard, mon ouïe et mes autres sens. Je me l'approprie et agis sur elle selon les signification que je lui confère. La marche urbaine, c'est aussi un pli du corps.

    http://marinevassort.wixsite.com/la-lieuse/du-ciment-au-vegetal

  • Infos rapides

    PrépaIVS 113.JPG

    Les voitures glissent sur le bitume. Chant monotone et régulier. Ronde des livreurs de pizzas. Une femme fouille les poubelles dans l'espoir de dégoter quelque chose à manger. Une ambulance se rapproche, gyrophare en alerte. Silhouettes anonymes tracées à la craie sur le trottoir. Fosse commune géante. Odeur de caniveaux et d'égouts engorgés. Bruits de la vie qui se débat. Serments des ventres. Tout cela s'anime dès la tombée du jour. La pénombre jette ses premières cartes en hésitant entre l'illusion, l'émotion et l'absence.

  • Hôtel de l'Avenir

    PrépaIVS 063.JPG

    Trottoirs embouteillés. Immeubles en béton gris, inachevés et inhabités. Fenêtres ouvertes sur le vide. Toiture béante. Un SDF assis contre un mur. Un chien auprès de lui. Des passants qui se hâtent vers leurs activités coutumières. Sillages frais tout juste sortis de la salle de bains. Des hommes marchent d'un pas vif. Les yeux braqués sur eux-mêmes. Des femmes sont resplendissantes. Leurs talons aiguilles claquent sur les trottoirs comme des décisions sans appel. Au loin, se dresse la tour la plus haute de la ville. Tel un doigt planté dans le cul du ciel, elle engloutit des flots de bureaucrates qui foncent tête baissée vers leur destin visqueux. Autour, les mouettes virevoltent, excitées jusqu'à frôler l'extase.

  • Passage piétons

    PrépaIVS 010.JPG

    Rires étouffés. éclats de voix à la dérive. les nuages ne bougent pas. une immobilité dans l'air, dans la lumière crépusculaire. tout le monde dehors à déambuler, ou assis sur des bancs dans la pénombre. les gens vont et viennent. des images qui bougent. des personnages qui surgissent d'un creux dans le trottoir, d'un renfoncement, d'une fente. Cris d'oiseaux. magnifiques oiseaux qui chantent tous ensemble dans les dernières lueurs du couchant et clament leur joie à la lumière agonisante.

    Paysages écrits 23 - décembre 2014
    https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/home
    de la page 123 à la page 125