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photos

  • Le Lamparo

     

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    Etroite et légèrement en pente, la rue est illuminée par les rayons du soleil matinal qui réussit à se frayer un chemin entre les immeubles -pas de beaux immeubles en pierre de taille avec leurs habitants en tenue coûteuse tirés à quatre épingles- mais, des immeubles aux façades miteuses, parsemées de grandes taches jaunâtres qui font penser aux marques de nicotine sur les dents d'un gros fumeur. Ici, la rue est sale et négligée. Elle fourmille de passants qui se saluent comme s'ils se trouvaient dans un petit village. Le long de la rue, des marchands proposent légumes, viandes, sucreries, épices exotiques et parloirs téléphoniques. Il y a aussi quelques hôtels de cinquième catégorie. Ce sont des refuges pour ceux dont les yeux sont tellement vides d'espoir qu'on peut encore y voir les plaines brûlantes balayées par le vent, et encore plus loin derrière, le miroitement des manches de pioches et les marteaux-piqueurs. Avec ses fringues kaki toutes fripées, l'homme ressemble à un vieux soldat, au bout d'une longue campagne, qui essaie de faire durer ses bières pour faire passer le goût de la mort qu'il a dans la bouche. Son chien, vautré près de lui comme un petit pote fatigué, ne relève la tête que pour boire un peu de bière dans un cendrier sale posé sur le trottoir. Lorsque je le dépasse, je me dis que la pensée du chaos et de l'insignifiance prend souvent le dessus au moment du contact avec le réel. La vie est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien.

  • L'impossible espace

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    De chaque côté, il y avait des appartements de luxe. J'ai vu une femme ivre qui courait dans la rue, et lorsqu'elle est arrivée au bord du trottoir, elle a trébuché, et elle est tombée dans le caniveau. Un jeune homme a aidé cette femme à se relever, mais, elle tanguait sur ses talons hauts et se frottait les genoux, et le jeune homme n'arrêtait pas de lui parler. Il parlait en agitant ses mains, et la femme disait qu'elle était heureuse d'avoir rencontré le jeune homme, parce qu'elle en avait marre de lutter contre son mari que l'alcool rendait dingue. Elle avait du mal à se tenir debout, comme si ses os trop à l'étroit, voulaient aller dans la direction du jeune homme. Au loin, un ballon a éclaté. Il y avait un homme qui n'arrêtait pas de sauter sur place, et pendant ce temps personne ne disait rien, et se contentait de regarder ce quelque chose qui se passait, comme si chaque chaque geste sortant du chaos, était aussitôt rendu au hasard, à l'attente du prochain élan...

  • Ce que tu ne peux avoir essaie au moins de le voir

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    Des signes

    Des clins d'être                      lancés depuis un corps

    Je suis devant          dans un guet animal

    Je suis la question qui m'anime

    me donne l'impression         que l'autre est là

    proche                                             si loin

    quelque part au monde           les yeux fermés

    pour lutter contre la        Loi qui dit

    Il y a des frontières             des murailles

    des bastions           des cages            des villes

    dans lesquelles on se réveille                 un matin

    condamnés                            l'esprit au silence

    périodes de prison              de quoi devenir fou