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photograffeuse

  • Une dimension de l'indifférence

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    Le soleil se cache quelque part derrière un nuage. Pluie fine sur les toits. Pluie fine sur les trottoirs de la ville. Aux Réformés, les marchands de fleurs ont sorti leurs parapluies. Ils sont bleus et protègent tout un éventail de jeunes pousses vertes.
    Dans les rues autour de la gare, des hommes hébétés gisent dans les entrées des immeubles. Ils dorment, immobiles, sous l'influence de l'alcool. Ils ont étendu des feuilles de journaux et des cartons sur le sol en guise de matelas. Dans un coin, une odeur d'urine exhale des effluves musquées.
    Devant les boutiques indiennes, les propriétaires se tiennent dans l'embrasure de la porte, échangeant des commentaires et des plaisanteries.
    à la périphérie de la ville, il y a des bâtiments aux fenêtres murées ou couvertes d'une feuille de métal qui laisse parfois filtrer la nuit, un rayon de lumière. Les immeubles ont un air de décrépitude, d'abandon. Certains attendent les coups de la boule d'acier des démolisseurs.
    Je marche. Mes sens sont submergés d'images, aussi passagères que mes propres mouvements.

  • Plage du Prophète

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    Le jour commence à baisser. L'eau miroite faiblement. Le ressac déferle en de longues ondulations. Un groupe de mouettes rase la crête écumeuse des vagues. Un bateau solitaire, rentrant au port, se détache sur l'immensité vide de la mer qui s'empourpre.
    Je reste longtemps debout sur la plage, à attendre la disparition des derniers rayons du soleil.
    Les voitures roulent sur la Corniche. On voit les phares de très loin. Je regarde les phares grossir, puis disparaître.
    Il y a toujours un peu de vent.

    Revue 17 secondes N°5
    Page 6 "Voie rapide" et "Passerelle"
    http://fr.calameo.com/read/002027389ea2f499f4d0d

  • Réverbère

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    La ville pue le moisi et dégage une odeur de vieux cartons empilés. Près de l'eau, deux hommes parlent à côté d'un long bateau amarré au ponton qui se réduit à un radeau composé de fûts de pétrole et de pneus de voitures.
    Accroupie près de l'amarre, une fille fume. Elle fait tomber les cendres de sa cigarette dans une petite boîte métallique. Elle porte un grand chapeau de paille dont elle a rabattu sur les yeux le large bord.
    Des nuages épars s'amassent, masquant parfois le soleil. L'air chaud fait comme une chape qui pèse puissamment sur toute chose.
    Alors que cette fille paraît enfermée dans une joie paisible que rien ne troublerait jamais, elle tourne la tête en souriant et se met à agiter frénétiquement les mains.
    Une camionnette s'arrête. Le conducteur la regarde à travers le pare-brise maculé de chiures de mouches.
    Malgré l'absence de tonnerre, on devine l'imminence d'un orage dans le déséquilibre de l'atmosphère.

    http://www.lecafardheretique.fr/
    Trip acide vient d'être publié dans le n°2

     

  • Les peaux rouges

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    Sur les murs au soleil de la ville
    Sur les murs des sous-sols de la ville
    Sur les vitrines
    Les façades
    Les bâtisses vénérables
    Je vois des insultes en couleur
    Elles ont un nom connu et respecté
    On les appelle publicités
    Mais la nuit je vois dans l'ombre de la ville
    S'animer des mains de rêveurs
    Ce sont des peaux rouges à la parole stridente
    Embusqués dans le maquis des mots
    Leur couleur est cosmopolite, hors taxe et métèque