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  • Arrêt sur image

     

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    Elle marche d'un pas désinvolte en occupant la moitié du trottoir à elle toute seule. Comme la plupart des géantes, elle a plus l'habitude d'être regardée que de regarder elle-même. Avec son air absent, on dirait une reine de Hollywood sur des semelles de caoutchouc. A ses cheveux, on voit qu'elle sort du lit. Elle prend une cigarette dans un paquet et l'allume avec son briquet. Rejetant la tête en arrière, elle souffle lentement par la bouche la fumée qui s'exhale en un mince filet sinueux. Elle ne se rend pas compte que quelqu'un l'observe. Un homme ne la quitte pas des yeux. Il est là depuis près de dix minutes. Il reste tout droit à regarder dans sa direction. Il donne l'impression qu'il pourrait rester là où il est pendant des heures et des heures. Une main dans sa poche, il se penche et se gratte le mollet de l'autre main. Finalement, il s'assure que le col de sa chemise est encore ouvert, puis il allume une cigarette et emprunte l'escalier qui descend vers la rue.

     

     

     

     

  • Le Centre Français de Berlin

     

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    Lorsque je prends la direction de Liverpool Strasse, la chaleur s'insinue dans  les pieds par l'asphalte de la chaussée. J'ai chaud et la sensation de chaud est encore plus forte parce que j'ai le ventre vide et que je ressens une formidable envie de manger. Je cherche la Tour Eiffel. C'est elle qui va m'indiquer que je suis arrivée au Centre Français. ça y est, je la vois !... Mais que vois-je ?... Me voilà devant "Le Village Français", une série de stands qui représente les régions touristiques de France, avec en prime, pour cocoriser le tout, des tables recouvertes de toiles cirées Bleu-Blanc-Rouge. D'ailleurs, sur l'une d'elles, il y a un accordéon qui semble oublié. Tout y est, Au revoir, Auf wiedersehen, Ricard, le château d'If, Attention je mords, Attention je monte la garde, Baguette, Champignons, Vins fins, Pâtisserie du Musée, Tarte flambée, La bonne Franquette... Au fur et à mesure que je me déplace, j'ai l'impression de perdre le sens des réalités. Un voile se répand autour de moi, comme un brouillard. Puis, ce que je vois commence à se distordre, à s'étirer comme vu à travers un grand angle : Mireille Mathieu ! Sur la scène, regards langoureux et voix chevrotante en prime, le clone, la copie conforme de Mireille Mathieu. Pour bien regarder, il faut savoir ouvrir, mais aussi, fermer les yeux écrivait Aby Warburg. J'ouvre. Je ferme les yeux. Je vois toujours Mireille Mathieu. Je comprends que toute la mertitude des choses de la France se trouve concentrée devant le Centre Français de Berlin. Je m'y rends pour voir la première du spectacle Entre 2 chaises mis en scène par Hélène Lebonnois et Alexandra Zoe de La Ménagerie (plateforme du théâtre francophone à Berlin)

    http://lamenagerie.wordpress.com/


     

     

  • La femme qui rentre chez elle

     

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    J'observe la foule des passants qui descendent et remontent l'avenue pour se rendre à leur travail, en esquivant les bagnoles et en achetant leur journal. Au troquet d'en face, un homme et une femme bavardent, main dans la main, en buvant un café. Plus loin, une petite silhouette dans des vêtements informes noirs, la tête et le cou protégés par un foulard noir, bloque le passage aux gens derrière elle. Maintenant, elle avance entre les tables, regardant droit devant. Pas de maquillage, pas un seul centimètre de chair à nu en-dessous de la gorge. Un petit corps aux mouvements précis sous l'accoutrement sombre, peut-être une tenue de camouflage. Soudain, elle se retourne et reste immobile, en arrêt. Elle regarde, en plissant les yeux, attendant que quelque chose veuille bien sortir de sa bouche, mais que dalle ! à peine un sourire écrabouillé.

     

    http://radio.diction.free.fr/emissions.html