Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

peinture rouge

  • Penzlauer Berg

     

    Berlin-Toulouse 067.jpg

    Schönhauser Allée. C'est là que je descends. La soirée est déjà bien avancée. Dans quelques minutes, je vais déposer mes bagages. Je Marche. Nous sommes trois. Nous marchons. Les trottoirs sont larges, bordés de roses trémières. Il n'y a pas de poubelles dans les rues. Pas de détritus. Les fenêtres des rez-de-chaussée ne sont pas protégées par des barreaux. Certaines sont ouvertes. Je peux apercevoir l'intérieur des appartements. Nous traversons un parc avec de grands arbres. Les fleurs semblent semées à la volée. ça sent bon la terre après la pluie. Quelques personnes assises sur des bancs prennent le frais. C'est calme. Les voitures ne circulent pas. Seuls, les vélos parcourent les rues. La nuit est rassurante. Elsa, notre accompagnatrice, nous dit qu'à Berlin ça craint pas pour les filles. ça craint pour personne. On peut rentrer à n'importe quelle heure de la nuit et dans n'importe quel état, sans aucune crainte. Vue d'ici, Marseille ressemble à un immense corps malade fait de millier de sortes de vies qui s'agglutinent et qui luttent ; qui s'embrassent et se détruisent les uns les autres, sur un fond de vomissures, de merdes de chiens et de relents d'ordures. De là cette mauvaise haleine qui permet à la circulation, à la digestion, aux systèmes excréteurs de continuer à fonctionner, comme au cours d'un coma prolongé. Au fur et à mesure que je marche, je me demande si ce n'est pas tout le pays, avec son interminable défilé de tocards, qui se trouve dans un coma prolongé.

  • Sinon Rien

     

    IMG_2241.JPG
    Des nuées de petits insectes se mettent à tourbillonner devant mon visage selon des trajectoires irrégulières, se croisant et se recroisant sans cesse mais sans jamais entrer en collision. Ce ne sont que des points minuscules qui cherchent quelque chose. Je regarde le ciel au travers du nuage de points minuscules. Le ciel est bleu vaste. Le temps sonne comme une cloche sourde. Je me regarde. J'étudie mon visage. Mon visage, mes cheveux, tout. Un sourire étire le coin de mes lèvres. Narcissisme avec tressaillement du doute. Je presse trop fort le tube de dentifrice. C'est un dentifrice qui ressemble à un gros vers engraissé à la chlorophylle. Le lavabo en est éclaboussé. Avec un doigt j'en récupère un peu que j'applique sur ma brosse à dents. J'ouvre la bouche. Je brosse. Le téléphone se met à sonner. Je ne bouge pas. Le matin, je ne réponds jamais au téléphone.

    http://www.marseille2013.org
    http://exilplan-marseille.blogspot.com