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peinture murale

  • Portrait de ville

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    Garder la rue comme poste d'observation du réel, dans son versant le plus sauvage, abandonnée à une économie de survie, celle des mendiants, des trafics, de la prostitution, occupant certains quartiers spécifiques, au sein d'un environnement syncopé et discordant.
    L'impression d'ensemble qui prédomine est celle d'un condensé d'images et de sons se succédant à un rythme soutenu, sans véritable structure linéaire ou homogène.
    On pourrait dire que ce sont des portraits de ville, une mise en relation du corps au décor, la représentation brute, publique et la mémoire des choses, les indices fugaces de la modernité qui disparaissent aussitôt.

    http://www.lecafardheretique.fr/
    Quelques textes dans la revue N°4

  • La casse

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    Une femme conduisant un enfant dans une poussette marche vite. Un mini-bus tagué de bleu stationne derrière un taxi. Des gens promènent leur chien. Il y a des coureurs et des cyclistes. L'air est tassé et compact. Un homme allume une cigarette. Il inhale profondément la fumée. Puis, il fait quelques pas sur le trottoir. Des clochards se traînent en demandant de la monnaie. L'homme leur montre ses mains vides. Il poursuit son chemin. Ses yeux sont écorcés. Tout ce qu'il reste, c'est un rectangle noir.

    http://asphodele-edition.pagesperso-orange.fr/Confettis.h...

    Publication d'un long poème qui s'intitule "De Black"
    dans la collection Confettis des éditions Asphodèle
    Achat sur commande en ligne uniquement. Prix : 2€

  • Vague obscurité

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    Une vague obscurité nappe le port. Le vent glacé est si dur qu'il impose à l'eau sa forme. Les vagues se jettent en avant avec un bruit flasque de linge essoré. Partout, on perçoit le bruit des mâts qui souffrent, du bois forçant contre le bois, des cordages qui frottent, tendus à se rompre.
    Au milieu d'un bateau de pêche, des marins sont en train de rincer des filets et de les plier, d'autres déversent des seaux d'eau de mer. Ils frottent le pont avec un balai à long manche.
    Cramponné au bastingage, l'homme se tient le buste droit. Il ne bouge pas. Il est grand, avec un visage calme et des cheveux bruns. Il porte une vareuse, un gros chandail de laine, des bottes de caoutchouc. Dans le ciel, il y a quelques étoiles. La lune fait scintiller la mer.
    Plus bas, une voiture se gare sur le parking, feux de stationnement allumés. Une personne à l'intérieur. L'homme se tourne vers les marins, lève la main en guise de remerciement et s'avance vers l'appontement. Une fois sur le quai, il ouvre la portière, monte dans la voiture qui démarre et se perd dans le flot de la circulation.

    http://revuesqueeze.com

    Revue Squeeze N°4
    "Nietzsche dans le souterrain"

  • Ourika

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    Un mur élevé derrière lequel se trouve une espèce de friche industrielle avec de la rouille, de la ferraille, des réservoirs, de hautes cheminées qui ne crachent ni fumées ni rien. Tout est en lambeaux, délabré, désespéré, en ruines. On dirait que le vent a arraché tout ça quelque part pour le déposer ici.
    Contre une brèche dans le mur, rafistolée à l'aide d'un simple grillage, il y a des télés appuyées, à même le sol, en plein air, à la merci de la pluie et des oiseaux qui chient dessus. Du linge pend aux fenêtres. Des caleçons, des chemises et des chaussettes flottent au vent. Il n'y a pas de balcons, mais des fils, des cordes, des supports en fil de fer, sur lesquels des vêtements sont suspendus.
    Calé sur un siège qui perd sa mousse, Ourika offre son visage au soleil. A travers ses paupières mi-closes, il voit le flot des voitures qui roulent sur la voie rapide et se collent à l'asphalte comme une langue raide. On dirait un ébouli de capsules métalliques qui brillent et scintillent comme le flux et le reflux de la marée.
    Pendant un court instant, Ourika se palpe la boîte crânienne, il se pince le bras, louche en direction du ciel, et il se dit qu'il est ici chez lui, qu'il est à sa place et qu'il y reste. Le tranchant, c'est ce qu'il espère acquérir, c'est ce qu'il attend de cette ville : qu'elle l'aiguise et le polisse à son gré, pour la vie ou pour la mort, peu lui importe, qu'elle l'égalise comme un galet. Alors, il posera sur sa langue le galet qu'il sera devenu et il se mettra à parler. A s'arracher à ce silence léger comme pierre.

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

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