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pauvreté

  • Parcelles durables

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    Le ciel en feu disparaît derrière l'horizon. Il se transforme en un véritable incendie de rouges, d'oranges et de roses. C'est comme une récompense du soleil, pour tous ceux qui acceptent de respirer, jour après jour, l'air empoisonné de la ville.
    Autour du cou, accroché à un lacet de cuir, il porte un coquillage, peut-être rapporté d'une lointaine île du Pacifique. Au moment où il oblique en direction de la mer, il monte le volume de la radio, allume une cigarette, s'enfonce dans son siège en position avachie pour rouler tranquille et observe la lente disparition de toute chose, les arbustes et les fourrés, les lumières dans les collines, les panneaux au-dessus de l'autoroute. Il est comme dans un convoi où chaque voiture reste derrière celle de devant, à distance suffisante pour voir ses feux arrière, comme une caravane dans un désert, réunie un temps pour traverser en sécurité une zone sombre et inconnue. De temps en temps, quelqu'un met le clignotant droit et quitte la file pour s'engager sur une bretelle de sortie.
    Dans la nuit douce et tiède comme un bain, il arrive devant la gare. Tandis qu'il descend le boulevard, il contemple les gens qui flânent, ceux qui se parlent dans l'embrasure d'une porte, ceux qui sont assis à la terrasse des cafés à regarder l'agitation des trottoirs, ceux qui étendent leurs morceaux de tissus jonchés de marchandises bon marché...
    Il se dit que la ville, c'est un rêve et une vision, mais en même temps, c'est quelque chose de parfaitement réel, de tangible, de palpable.

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

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  • La vieille dame

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    Ils sont ivres. Ils restent là un moment, l'air égaré, les yeux fixés sur la rue. Et puis, l'un d'eux désigne une direction au hasard. Ils prennent le départ, cramponnés l'un à l'autre, en titubant et en trébuchant à chaque pas.
    La rue est plutôt déserte, mais un peu plus haut, une vielle dame sort la tête d'une fenêtre entrebaillée. Elle observe d'un air peu rassuré les hommes qui approchent. Son regard n'est guère engageant, mais ils n'ont pas le choix. Elle est la seule personne à qui ils peuvent s'adresser.
    La vieille dame ne bronche pas. Elle les regarde avec la même expression de dégoût que si elle venait d'apercevoir un tas d'immondices sur le trottoir. Ensuite, elle secoue la tête sans prononcer un mot et ferme la fenêtre à toute vitesse, comme si elle craignait de se faire agresser.
    Sans doute, est-elle restée derrière le rideau blanc, à guetter, l'oreille tendue, le départ de ces hommes.
    Peut-être, a-t-elle dit "Cochons d'ivrognes !" avec dans ses yeux grands ouvert comme une lueur de démence.

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