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paix

  • L'hypothèse du chien

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    Les images de l'été sont trop vite passées, comme des notes écrites sur des feuilles mortes que le vent balaie devant la fenêtre.
    Une vieille femme m'adresse la parole. Ses yeux cernés, remplis du chaos qui tourbillonne au fond de son âme, regardent avec une totale indifférence le monde dit réel, y compris moi-même. Malgré les rues sales et dégradées, malgré les images de moisissures et de pourritures, son apparence est soignée.
    Dans la rue, un chien conduit un autre chien et je ne peux pas distinguer lequel des deux est le maître.

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

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  • Little Saïgon

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    Quelque part, dans une cour, un piano se met à jouer doucement. Enfoncées dans l'herbe, les grenouilles chantent. Elles se taisent à mon approche. Elles se tiennent coites quand je passe. Puis, elles reprennent leur concert. C'est l'heure où les grenouilles commencent à faire des bulles. Soudain, une voiture s'avance en brimbalant. Elle s'arrête à quelques mètres. Dites, le Panier, c'est de quel côté ? Je répond Là-bas, au-dessus ! La voiture repart. A ma droite, une cigarette qui paraît humide, est posée en équilibre sur le rebord d'une bite d'amarrage. Cette cigarette se consume assez vite. De temps en temps, un homme la prend pour en tirer une ou deux bouffées. Il ne quitte pas des yeux deux petits garçons qui fabriquent un bateau avec une feuille de papier journal. Les deux petits garçons mettent un petit soldat en plastique au milieu. Un petit soldat en plastique qui n'a qu'une jambe, avec un fusil. Et voilà le bateau en papier qui navigue sur l'eau du port. Et voilà le petit soldat en plastique qui se rappelle tous les rivages et tous les ports qu'il a vus. Et voilà, sous les yeux du petit soldat en plastique, des images qui se balancent, et qui dérivent jusqu'à la mer. La mer peuplée de gros bateaux noirs qui s'en vont, dangereux, vers des pays lointains, et qui reviennent un jour, en se balançant doucement, reviennent au port d'attache, reviennent à la sécurité. Et la vieille horreur d'être un petit soldat en plastique, jointe à l'odeur repoussante des morts, commencent à le pousser hors du bateau.

     

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