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noailles

  • Noailles ordinaire

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    Une odeur de nourriture flotte dans l'air. Un parfum de salsa. Un curieux cocktail de sauce tomate et de persillade où se mêlent les effluves marins et la puanteur des poubelles. Il y a une musique de jazz à la radio. Quelques hommes en lunettes noires. C'est une matinée ensoleillée. Dans sa cuisine, une femme récure des casseroles en regardant le monde défiler sous ses fenêtres. Des voitures passent et des femmes en foulard se rendent chez des voisines pour boire le café. Non loin de là, un gamin chante en s'accompagnant au violon sur une place jonchée d'un fatras de papiers gras. Une fille aux cheveux noirs est assise à la table d'en face. Elle mange des fraises.

    http://traction-brabant.blogspot.fr/
    [course poursuite] dans Traction-Brabant 64

  • Un jus de ciel bleu

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    Ciel bleu sur les banlieues, les blocs de gris et les bétons, les ballasts, les tags et les buissons des petits jardins. Ciel bleu dans la mer et sur les autobus climatisés. Ciel bleu sur la place des capucins et sa rue longue où brillent les tranches de pastèques, les fruits sur les étalages, les boîtes de thé et le tabac à chiquer.
    Ciel bleu, klaxons, balayettes et sacs en plastique, odeur de goudron, on se racle la gorge, on crache, "cigarettes, légendes, marlboro", des pas, des voix, des cris, des marteaux, des machines, voix et musique partout, la ville est un chantier et le monde me saute aux yeux, comme les mots venus sur le papier, avec des gestes et des voix me sautent aux yeux.
    Et je suis ce rien, doué de phrases, qui retraduit en évidence son ignorance : écrire vient dire son mot.

    http://www.editionsdelabatjour.com/

    p.76 vous pourrez lire ma microfiction
    Notre Dame des morts violentes

  • Le labyrinthe inachevé

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    Du Vieux Port à la gare Saint Charles, de Noailles aux Réformés, du Centre Bourse aux ruines romaines, de Macdo aux snacks kebabs, des tours La Bourdette à l'Alcazar, combien d'esprits se sont trempés dans ce voyage entre chambre d'hôtel et vieilles pierres. Des siècles d'histoire, le témoignage de mille vies révolues les accompagnent et leur parlent le long des rues vouées à la poussière et à la chaleur. Ces rues, où l'on trouve dans les boutiques tout un mixage de l'Europe et de l'Orient, qui prend parfois le goût de l'exagération. Souvent, l'allure baroque des guirlandes de théières en étain pendant le long des murs, les tasses et les plateaux mêlés aux tourniquets de cartes postales, les tapis, les foulards brodés, les sacs et les caisses remplis d'épices, les pains de sucre dans leur gros papier bleu, se confondent dans un même éclat avec les odeurs de "petit noir", de thé à la menthe et de fleur d'oranger.
    Du Vieux Port à la gare Saint Charles, on ne va jamais dans ces rues d'un point à un autre. On ne part pas d'ici pour aller là-bas. On ne cherche pas à y être seul. Et à vivre ainsi près des corps et par le corps, on s'aperçoit qu'il a ses nuances, sa vie et une psychologie qui lui est propre. Singulier instant où l'esprit trouve sa raison dans le corps : on se souvient que l'Occident s'est forgé dans les clameurs.