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marche urbaine

  • Le corps de la ville

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    Lorsque je marche dans les rues de la ville, que je les connaisse déjà ou que je les découvre au fil des pas, ma relation avec la ville est d'abord une expérience corporelle. Un fond sonore et visuel accompagne ma déambulation. Ma peau enregistre les fluctuations de la température et réagit au contact des objets ou de l'espace. Je traverse des nappes d'odeurs pénibles ou heureuses. Cette trame sensorielle donne à mon cheminement au fil des rues une tonalité plaisante ou désagréable selon les circonstances.
    La ville n'est pas hors de moi, elle est en moi. Elle imprègne mon regard, mon ouïe et mes autres sens. Je me l'approprie et agis sur elle selon les signification que je lui confère. La marche urbaine, c'est aussi un pli du corps.

    http://marinevassort.wixsite.com/la-lieuse/du-ciment-au-vegetal

  • La foule

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    C'est une magnifique journée. Un ciel couleur d'ardoise, avec des petits nuages de coton blanc et un soleil radieux qui fait palpiter la surface de la mer. Un vent vif soulève une petite houle indigo et pousse des détritus dans les rigoles. La parfum de la mer se mêle à celui des bateaux amarrés contre le quai. Il fait doux et tout est très calme. Haut dans le ciel, les mouettes décrivent de grands cercles au-dessus de la ville. Beaucoup de monde sur les trottoirs qui galopent dans tous les sens. Ils ont un air traqué avec quelque chose de gris et de terne dans l'expression. Ils paraissent bien nourri et pourtant fragiles, comme ces feuilles mortes qu'un souffle de vent balaie dans le ruisseau.
    A travers les vitres mal lavées sur lesquelles viennent bourdonner quelques mouches précoces, on voit des voitures garées derrière la façade jaune poussière de la Chambre de Commerce. Un chien, jaune aussi, est très occupé à gratter ses puces sur les marches du Centre Bourse. De l'autre côté, il y a un homme, aux joues décharnées, vêtu d'une combinaison assez sale. Il a dans la bouche une chique de tabac grosse comme une cerise. Il crache. De temps en temps, il frappe du poing dans la paume de sa main. Son discours est une suite de petites explosions. Il grimace quelque chose. Et l'on ne voit plus, sur sa face ridée, que les globes de ses yeux, d'un blanc bleuâtre dans ses orbites couleur de chocolat.
    Il s'aperçoit que je le regarde et reste silencieux un moment. Puis, il poursuit.
    Un peu à l'écart, il y a quelques petits bateaux dont la voile pend mollement. Une fille aux cheveux blonds va et vient avec un plateau chargé de bières.

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  • Vous me suivez

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    Elle marche plus vite. La rue monte et les maisons se font rares. Le sang coule, abondant et chaud, dans ses veines. Elle peut entendre ses pas sur le macadam usé. Une boîte de tomates en conserve titube au milieu de la route. Elle continue à marcher en la poussant devant elle à grands coups de pied. Elle marche à pas rapides. Elle se fraye un chemin à travers les bruits rugueux et tranchants, en dent de scie, de la rue. Elle fait son possible pour modeler le balancement de ses hanches en marchant. L'air lui fouette le visage. Elle marche à grandes enjambées en regardant droit devant elle. Elle marche en silence. La pluie se met à tomber. Au bout de la rue, derrière des petites maisons noires semblables à des boîtes à chaussures, un éclair zigzague parfois. Une odeur de poussière mouillée monte de l'asphalte. Sur son front, les gouttes d'eau sont fraîches. Un long roulement de tonnerre gronde. La pluie se met à tomber à verse. Elle a envie de courir en hurlant des insultes. La pluie siffle sur les pavés. Maintenant, elle a les genoux mouillés. Elle marche. La rue s'étend sous la pluie. Elle marche, anonyme, simple cellule de la foule. Elle prend l'escalier roulant du métro et monte dans un wagon. Debout, elle se laisse soutenir par la masse des autres corps. A chaque station, on la bouscule. La pression devient plus forte. Elle n'oppose aucune résistance. Elle s'abandonne.

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