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métro noailles

  • Un gris doux et brumeux

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    Derrière moi, les nuages abandonnent leurs dernières traînées cramoisies à un gris doux et brumeux, ou quelque chose comme ça. Plus haut, dans la rue, un type est devant chez lui à sucer ce qui reste de sa bouteille, en faisant de son mieux pour éviter le tir de batterie de cuisine qui provient de la maison : une grande cuillère en bois, une louche, une moulinette... Finalement, il rentre et le vacarme se change en bruits de gorges. Je monte le reste de la rue. Il ne fait pas beau du tout. Il y a des chats dans les ruelles, et des bouteilles, et des clochards. Une pleine bagnole d'ouvriers du bâtiment arrive et vient se garer en dérapage contrôlé. La boîte à vitesses en prend un coup quand le chauffeur se met au point mort. Les hommes descendent en riant et en se pinçant les fesses, heureux de la liberté qu'ils vont trouver dans le bar après le boulot. Je sais bien que ces hommes-là sifflent probablement après les jolies filles, traitent leurs femmes comme des boniches et votent extrême droite chaque fois qu'on leur en donne l'occasion. Mais pour ce qui est de travailler dur et de rigoler fort, ils enfoncent le clou à tous les coups.