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grenouille

  • L'échelle de Beaufort

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    Il y a des vents diurnes, des vents nocturnes, des vents du petit jour, des vents du crépuscule, des vents porteurs de neige ou de chaleur, des vents printaniers ou des vents d'automne, des vents légers, des vents folâtres, des vents dangereux, des vents destructeurs, des vents dominants, des vents sifflant en rafales, des vents turbulents, des alizés, des contre-alizés, des cyclones, des anti-cyclones, des vents de terre, des vents d'altitude, le jet-stream, le vent marin, celui qui suit le cours des rivières, celui qui parcourt les continents, celui qui préfère les cavernes et les jardins... Un nombre inimaginable de types de vents qui sont là sans y être et qu'on peut localiser, ici dans le frémissement des feuilles d'un arbre, dans un tourbillon de poussière, dans le claquement d'une porte, dans la course folle des détritus dans la rue... On peut entendre le vent murmurer, gémir, pleurer, siffler, hurler, rugir, puis se taire ou se muer en brise légère... Dire, le voilà, il est là, c'est le vent, c'est impossible. Il est là sans y être, réel mais inaccessible, présent mais insaisissable. Il ne reste rien de lui, sinon l'attente de sa venue, la crainte de son arrivée, le souvenir de son passage.

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  • Little Saïgon

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    Quelque part, dans une cour, un piano se met à jouer doucement. Enfoncées dans l'herbe, les grenouilles chantent. Elles se taisent à mon approche. Elles se tiennent coites quand je passe. Puis, elles reprennent leur concert. C'est l'heure où les grenouilles commencent à faire des bulles. Soudain, une voiture s'avance en brimbalant. Elle s'arrête à quelques mètres. Dites, le Panier, c'est de quel côté ? Je répond Là-bas, au-dessus ! La voiture repart. A ma droite, une cigarette qui paraît humide, est posée en équilibre sur le rebord d'une bite d'amarrage. Cette cigarette se consume assez vite. De temps en temps, un homme la prend pour en tirer une ou deux bouffées. Il ne quitte pas des yeux deux petits garçons qui fabriquent un bateau avec une feuille de papier journal. Les deux petits garçons mettent un petit soldat en plastique au milieu. Un petit soldat en plastique qui n'a qu'une jambe, avec un fusil. Et voilà le bateau en papier qui navigue sur l'eau du port. Et voilà le petit soldat en plastique qui se rappelle tous les rivages et tous les ports qu'il a vus. Et voilà, sous les yeux du petit soldat en plastique, des images qui se balancent, et qui dérivent jusqu'à la mer. La mer peuplée de gros bateaux noirs qui s'en vont, dangereux, vers des pays lointains, et qui reviennent un jour, en se balançant doucement, reviennent au port d'attache, reviennent à la sécurité. Et la vieille horreur d'être un petit soldat en plastique, jointe à l'odeur repoussante des morts, commencent à le pousser hors du bateau.

     

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