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graffiti

  • Couleur chair

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    C'est une petite brune en jeans. Les bottes qui lui montent jusqu'aux genoux ondulent au-dessous d'un blouson en cuir. Elle passe sous des réverbères et le long des vitrines illuminées des magasins fermés. Elle regarde passer un bus et une femme en vélo. Elle s'arrête près d'une bouche d'incendie pour reprendre son souffle. Pourquoi l'esprit peut-il faire ce qu'il veut, pendant que le corps ne suit pas ?
    Un pied après le suivant, ne penser à rien d'autre, un pas à la fois, nouveau trottoir, éviter les grilles au sol, les passants son rares dans la rue, les crottes de chiens se cachent partout sur les trottoirs, on ramasse avec un sachet en plastique et voilà, bonjour poubelle !

  • Le corps de la ville

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    Lorsque je marche dans les rues de la ville, que je les connaisse déjà ou que je les découvre au fil des pas, ma relation avec la ville est d'abord une expérience corporelle. Un fond sonore et visuel accompagne ma déambulation. Ma peau enregistre les fluctuations de la température et réagit au contact des objets ou de l'espace. Je traverse des nappes d'odeurs pénibles ou heureuses. Cette trame sensorielle donne à mon cheminement au fil des rues une tonalité plaisante ou désagréable selon les circonstances.
    La ville n'est pas hors de moi, elle est en moi. Elle imprègne mon regard, mon ouïe et mes autres sens. Je me l'approprie et agis sur elle selon les signification que je lui confère. La marche urbaine, c'est aussi un pli du corps.

    http://marinevassort.wixsite.com/la-lieuse/du-ciment-au-vegetal

  • L'instant présent

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    Le cargo fend la mer, chargé de containers. Un homme et une femme longent la plage. Un homme seul flatte son chien. Le vent souffle. La mer bouillonne. Le ciel se voûte. L'air remue. Une porte s'ouvre dans une maison beige. Un vieil homme planté sous un feu tricolore, n'ose pas traverser la rue, malgré le signal vert. Son visage est tellement ridé qu'il est difficile d'y déceler une expression quelconque. Ce qu'on remarque d'abord, c'est le petit oiseau qu'il tient doucement entre ses mains serrées contre son corps. Il tourne la tête et sourit à l'oiseau, dont la petite tête bleue aux yeux fermés se blottit faiblement contre lui.

  • Durga

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    Au Rajasthan, il existe un temple dédié aux rats. Des milliers s'y promènent en toute liberté. Les visiteurs doivent retirer leurs chaussures avant de pénétrer dans l'enceinte sacrée de ce temple dédié à l'incarnation de la déesse Durga chevauchant un tigre, avant qu'elle ne devienne déesse des rats.

  • Paroles déchirées

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    Broyés par un torrent de références. Angoisse de savoir ce que l'on peut encore écrire ou dire. Tout a déjà été récupéré. Résidence surveillée de la pensée. Images kalachnikovs. AK 47. La langue dans la bouche. Faire corps avec sa machine. Dedans ou dehors, les détails font le quotidien. La vie rage grouille et piétine. Du sable collé aux yeux et à la peau, de sombres nuages étendent partout leur ombre meurtrière. Ils sont tout puissants et tiennent les peuples prostrés et muets sous la menace de leurs forces. L'air est à bout de souffle. Venu de ville de régions de villages jusqu'alors ignorés. Foule en marche. Franchir les frontières. Disparaître. Se tirer. Terra incognata. Et le reste suivra.