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gare saint charles

  • Dernier match de la saison

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    La lumière très vive écrase et tache la ville en noir et blanc. masses de béton et fenêtres vides. pas de couleurs aujourd'hui. Je marche dans les rues jusqu'à la gare. Autour de moi, beaucoup de chantiers. des immeubles réparés ou démolis. de nouveaux construits à la place.
    Tout au long du trajet, les rues empestent la pisse et la merde. Cours Garibaldi, un bazar asiatique vient d'ouvrir ses portes. Parmi les bouilloires et les casseroles, les pots et les ustensiles, parmi les vêtements et les chaussures, l'huile de sésame et la sauce de soja, parmi les fruits et les légumes, il y a du café et de la soie.
    Dans la gare, des centaines de personnes attendent des trains. Il y a des gens. des gens qui marchent vite. des gens qui sortent de la bouche du métro. Il y a des bagages partout. une masse dense ondule sur les quais. Je vois une femme qui porte des bas noirs. Elle s'explique avec un distributeur automatique de billets de banque. Plus loin, un enfant cherche des trésors dans les poubelles. Un jeune garçon, tout en cuir, avec un crucifix tatoué sur le nombril, l'accompagne.
    Même si je sens la chaleur du soleil sur ma peau, la fraîcheur de l'air me rappelle que l'hiver vient juste de finir. pas d'arc-en-ciel aujourd'hui. Les nuages vont vite. Je tourne la tête. Sur le parking, un jeune garçon avec un ballon. un jeune garçon avec un rêve. un ballon sur son pied. sur son genou. sur sa tête. Un jeune garçon avec un ballon, sous le soleil et sous le pluie.

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    Revue Squeeze N°4
    "Nietzsche dans le souterrain"

     

     

  • Gare Saint Charles

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    Le hall de la gare bourdonne de monde. La foule. Les odeurs. Des troupes avec des valises s'engouffrent dans des trains et en descendent. D'autres attendent, épuisés par la chaleur. ça bouge dans tous les sens. Vers où ?
    Une famille passe à toute allure. Des femmes voilées. Un clochard sans dent, regarde la scène et se met à rire. Son chien assis sur le cul, se lèche les babines.
    Au bout du quai, un homme reconnaît la personne qui l'attend. Il court à sa rencontre. Lui prend le visage entre ses mains. Les yeux dans les yeux. L'intense amitié.
    Dans les gares, on voit des étreintes que l'on ne voit pas tous les jours ailleurs. Même si une heure après, on se dispute, à ce moment-là, on s'aime beaucoup.
    On devrait toujours vivre comme si on devait partir le lendemain, ou comme si on venait à peine de rentrer. Tout deviendrait plus précieux : ce que l'on quitte et ce que l'on trouve. Ou venir ici, dans une gare, et faire semblant de partir. Fouiller le monde avec l'idée de revenir. Courir la terre. Courir la mer. La tête dans les poèmes oubliés. Ne pas savoir où aller. Se perdre. Combat de chaque instant. Partir sur les routes. Aller à la rencontre de la différence. Aller plus loin. Demain. Demain peut-être.

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    SOIREE SQUEEZE STUPEFIANTE LE 8 OCTOBRE / TOUT UN PROGRAMME
  • Invader

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    Trois grands mâts de panneaux indicateurs se dressent sur des caissons cimentés au bord du périphérique. En contrebas, des carcasses de vieux fourgons et de voitures rouillées, des tas de pneus et de ferraille, des mauvaises herbes, et quelques cent mètres plus loin, un centre commercial. [Bruits de tambours incessants, continus] Des voitures passent à toute vitesse en direction d'un tunnel. Je vois leurs toits au-dessus du garde-fou. Soudain, une sirène de police monte, de plus en plus aiguë, comme pour se frayer un chemin dans les files de voitures. Je regarde le crépuscule glisser sur les façades. La taille des immeubles semble changer selon les jeux de la lumière sur les panneaux de verre, comme pour jeter un défi au soleil. [Pendant quelques secondes, des éclats de musique amplifiée roulent sous le ciel] En parcourant les alignements interminables de balcons, j'ai soudain la vision de milliers de personnes incapables de demeurer là plus longtemps et se mettant à courir entre les voitures poussiéreuses. [Une cacophonie vagissante emplit l'air]