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dire la ville

  • Treize heures quinze

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    La jeune femme à côté de moi, dans le bus, n'arrête pas de sourire , en regardant bien sagement droit devant elle. A sa hauteur, de l'autre côté du couloir central, il y a un garçon blond avec les cheveux en brosse très courte. Derrière, une grande femme d'âge mûr porte un blouson des surplus de l'armée. Après avoir parcouru le journal local, elle le replie et regarde sa montre. Treize heures quinze. Debout, un individu de haute taille, barbu, avec un appareil photo qui se balance à son cou, flotte dans une salopette et un T-shirt trop larges. Sur une banquette, à l'avant du bus, un homme porte une moustache très fine, taillée avec soin. On dirait qu'il vient de se faire raser chez un barbier. Dehors, le vent souffle avec force et sans relâche. Les gens dans les rues filent le long des trottoirs dans leurs vêtements lourds et sombres.

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    Revue Squeeze N°4
    "Nietzsche dans le souterrain"

  • Impasse Montévidéo

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    Il est debout près d'une porte vitrée munie de rideaux. Il est courbé comme s'il allait tendre la main et ouvrir. Mais il se retourne lentement. La pluie dégouline sur la fenêtre près de lui. Il va dans un recoin, prend une bouteille de bière dans le frigo, l'ouvre, et boit au goulot une longue gorgée. Il écoute la bière dans sa bouche, puis la pluie, puis un bruit de pas au-dessus de sa tête, le son étouffé d'un poste de radio quelque part au fond d'un couloir, des voitures qui passent à toute allure dans la rue au-dessous de lui en éclaboussant le bâtiment, un bus arrivant à son arrêt avec un bruit mouillé. La circulation des heures de pointe commence. Elle s'écoule encore vite le long des avenues, mais se congestionne tout à coup aux intersections. De l'autre côté de la rue, dans la brume, s'étend le grand parc avec par endroits des arbres. Il y a des nuages bordés d'argent qui filent à tout allure vers l'horizon sombre comme s'ils étaient attirés par un aimant.

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  • Trois bites

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    Le parking est désert, juste des arbres malingres plantés là sans conviction, quelques vieux pneus et des cadres de scooters abandonnés. Sur un mur, il y a des tas de trucs illisibles à cause des lézardes et de l'humidité qui le couvre de taches noires. Mais, on distingue sans peine trois bites en rut classiques, avec couilles protubérantes, petite fente au bout du gland et gouttes de foutre jaillissant de l'extrémité.
    Tandis que je m'éloigne vers le centre de la ville, le bruit des voitures sur l'autoroute ressemble à une ovation lointaine montant d'une arène où les jeux n'ont jamais cessé.

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  • Shoot canin

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    Après l'orage, les feux de signalisation sont en panne. Les gens roulent comme des malades. Une petite pluie fine se met à tomber. A l'angle d'un carrefour, ils s'engueulent dans leur langue. Comme deux escrimeurs, ils s'assènent l'un à l'autre des harpons de points d'interrogation, catapultent des chapelets de consonnes, mots acérés et empoisonnés, brûlant comme une mèche, langues claquantes par-dessus des lèvres crènelées, des aboiements éclatant hors des bouches caverneuses.
    Ils semblent avoir été tenus en laisse longtemps. Les mots arrachés de toutes leurs forces sont libérés. Et la voix devenue le couteau, débite de plus en plus de mots, jusqu'à ce que ne subsiste plus que le squelette de l'indicible

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

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