Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

chronique

  • Un gris doux et brumeux

    Img_3552.jpg
    Derrière moi, les nuages abandonnent leurs dernières traînées cramoisies à un gris doux et brumeux, ou quelque chose comme ça. Plus haut, dans la rue, un type est devant chez lui à sucer ce qui reste de sa bouteille, en faisant de son mieux pour éviter le tir de batterie de cuisine qui provient de la maison : une grande cuillère en bois, une louche, une moulinette... Finalement, il rentre et le vacarme se change en bruits de gorges. Je monte le reste de la rue. Il ne fait pas beau du tout. Il y a des chats dans les ruelles, et des bouteilles, et des clochards. Une pleine bagnole d'ouvriers du bâtiment arrive et vient se garer en dérapage contrôlé. La boîte à vitesses en prend un coup quand le chauffeur se met au point mort. Les hommes descendent en riant et en se pinçant les fesses, heureux de la liberté qu'ils vont trouver dans le bar après le boulot. Je sais bien que ces hommes-là sifflent probablement après les jolies filles, traitent leurs femmes comme des boniches et votent extrême droite chaque fois qu'on leur en donne l'occasion. Mais pour ce qui est de travailler dur et de rigoler fort, ils enfoncent le clou à tous les coups.

  • Besoin de rien

    Img_1762.jpg

     Rien ne semble plus long qu'un retard imprévu. Rien de plus difficile à décrire, ni de plus ennuyeux à lire "Une heure passa" et la phrase ne contient ni ennui, ni odeur, ni chaleur, ni bruit. "Une heure passa". Il commence à faire frais. La rue est pleine de voitures mal garées. Dans l'une d'elle, une femme allaite son bébé. J'attends quelqu'un qui ne vient pas, ou bien je suis en avance. Le doute me prend. J'enfonce mes mains dans mes poches.

     

     

     

  • Jusqu'ici tout va bien

    Img_1720.jpg

    Je marche. sans arrière pensée. Je dirige mes pas vers le point de l'horizon le plus lointain. Je suis les trottoirs. Je les quitte. Je traverse le bitume. Je marche droit vers d'autres rues plus loin. Je les traverse. Je les quitte pour d'autres encore. Je rejoins le point de l'horizon le plus lointain. Je marche. Je marche. Je marche sans rien atteindre. Je m'arrête. Je repars. Le ciel remue sans cesse. Il n'y a personne pour le moment. Rien ne bouge. Je regarde mes pieds larges. Je marche. Je m'arrête. Je continue. Je suis dans les rues de la ville. Dessous les nuages, une vapeur grise stagne. Le ciel est bas. Le ciel est si bas qu'il touche presque le bitume. L'état du ciel est malade. On dirait une ville presque déserte où seuls demeurent quelques témoins de sa destruction. Des volets grincent. Sur le sol, la poussière sent l'urine. L'odeur reste, de l'urine et de la poussière. C'est comme ça chaque fois. Café ou bière ? Rien ne me plaît davantage que marcher sans but dans la ville, tandis qu'arrive de la rue la rumeur d'un quartier avec son concert habituel de cris, de klaxons et de coups de freins. Histoires quotidiennes qui reflètent l'inexplicable instinct de la vie. Histoires sans importance ? Je n'ai pas de réponse.