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béton

  • Poématique

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    Il fait froid. Il pleut. Il vase. C'est vraiment un temps dégueulasse. Dans les rues, c'est comme si l'heure du couvre-feu avait sonné. La vie s'écoule comme amortie. Je laisse errer mon regard sur la salle du bistrot. Par-delà une cloison de bois peint et de verre dépoli, des hommes épais rient au comptoir. Dehors, il y a des chantiers et des immeubles neufs avec des portes de plexiglas, où viennent vivre des cadres avec des attachés-cases et des lunettes à verres rectangulaires.
    La ville change. Elle ne passe pas d'un monde à l'autre, celui qui se meurt et celui qui n'en finit pas de naître, elle sort de l'ancien monde vers des lieux hors de tous les lieux, c'est-à-dire, des lieux qui écartent en même temps qu'ils privent de relation avec le monde commun.
    Sur le port, tous les bancs publics ont disparu. Il ne reste que la pierre et son rôle purement militaire.

    "L'étrangère" micro-fiction publiée dans le magazine de l'ADA
    http://www.autour-des-auteurs.net/magazine/new_mag.html

    L'Ampoule n°6 des éditions de l'abat-jour
    http://www.editionsdelabatjour.com/

  • Le dépotoir des rêves

     

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    Heure de pointe habituelle. Lumière du jour déclinant. Nous sommes pris dans un énorme embouteillage. Des milliers de voitures viennent se précipiter dans le coeur de la ville. Le front de mer que nous suivons s'étend sur notre gauche. Nous regardons la mer. Les pare-brise réfléchissent les lueurs incertaines du soleil. Une adolescente en jean se tient sur le passage cloûté. Le garçon qui l'accompagne a passé un bras autour de sa taille. Il lui caresse le sein droit de sa main. Notre regard s'arrête sur le creux dessiné par le jean entre les fesses. L'impeccable géométrie de cette partie du corps se détache pour s'unir au mouvement des véhicules sur la chaussée. La voiture qui nous précède avance de quelques mètres. Les pédales répondent à la pression des semelles. Les avions qui prennent leur envol passent au-dessus de nos têtes. Quelque part, dans cette mosaïque complexe de béton et de structures d'acier, la voix de David Bowie chante Jean Genie.

    http://www.marseille2013.org/spip.php?rubrique4