Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

asphalte

  • Vous me suivez

    notredame 009.JPG

    Elle marche plus vite. La rue monte et les maisons se font rares. Le sang coule, abondant et chaud, dans ses veines. Elle peut entendre ses pas sur le macadam usé. Une boîte de tomates en conserve titube au milieu de la route. Elle continue à marcher en la poussant devant elle à grands coups de pied. Elle marche à pas rapides. Elle se fraye un chemin à travers les bruits rugueux et tranchants, en dent de scie, de la rue. Elle fait son possible pour modeler le balancement de ses hanches en marchant. L'air lui fouette le visage. Elle marche à grandes enjambées en regardant droit devant elle. Elle marche en silence. La pluie se met à tomber. Au bout de la rue, derrière des petites maisons noires semblables à des boîtes à chaussures, un éclair zigzague parfois. Une odeur de poussière mouillée monte de l'asphalte. Sur son front, les gouttes d'eau sont fraîches. Un long roulement de tonnerre gronde. La pluie se met à tomber à verse. Elle a envie de courir en hurlant des insultes. La pluie siffle sur les pavés. Maintenant, elle a les genoux mouillés. Elle marche. La rue s'étend sous la pluie. Elle marche, anonyme, simple cellule de la foule. Elle prend l'escalier roulant du métro et monte dans un wagon. Debout, elle se laisse soutenir par la masse des autres corps. A chaque station, on la bouscule. La pression devient plus forte. Elle n'oppose aucune résistance. Elle s'abandonne.

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

    http://www.radiodiction.org

    09 72 15 48 40
    Appeler pour dire un texte
    24h/24 appel non-surtaxé