17/11/2011

Rond point

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La mer au loin. le ciel blanc. aucun arbre. lunettes noires. bouches qui tètent des sodas. couples aux visages luisant comme du bois ciré. Elle titube. Pourtant, elle n'a pas bu. Elle garde les yeux grands ouverts. Elle observe les voitures qui démarrent ou freinent aux feux rouges. Elle lève la tête vers le ciel. Elle reste debout. Elle ne se rappelle plus la saison qui l'a poussée à sortir de chez elle. Elle marche sur le trottoir. Elle regarde parfois la vitrine d'une boutique. Elle a chaud. Elle jette son manteau dans une poubelle. Elle revient sur ses pas pour le récupérer. A présent, il sent mauvais. Elle s'arrête pour voir les noms des rues. Elle ne sait pas où aller. Elle préfère continuer à marcher. Elle en a assez de voir les gens marcher tête baissée sur les trottoirs. Elles se demande ce qu'ils peuvent avoir dans la tête tous ces gens dans la rue. Elle ne peut se retenir d'éclater de rire dans la rue, sans aucune raison, pour le seul plaisir de se sentir en vie. Elle s'assoit sur un banc près du bac à sable désert.  Les piétons marchent dans un sens et dans l'autre. Certains s'arrêtent au milieu du trottoir sans qu'on sache pourquoi. Elle essaie de bronzer. Elle ne dit rien. Elle regarde sa montre. Elle regarde les lignes de ses mains. Elle les trouve profondes. Elle regrette de ne pas croire aux signes du destin.

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09/11/2011

Vous me suivez

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Elle marche plus vite. La rue monte et les maisons se font rares. Le sang coule, abondant et chaud, dans ses veines. Elle peut entendre ses pas sur le macadam usé. Une boîte de tomates en conserve titube au milieu de la route. Elle continue à marcher en la poussant devant elle à grands coups de pied. Elle marche à pas rapides. Elle se fraye un chemin à travers les bruits rugueux et tranchants, en dent de scie, de la rue. Elle fait son possible pour modeler le balancement de ses hanches en marchant. L'air lui fouette le visage. Elle marche à grandes enjambées en regardant droit devant elle. Elle marche en silence. La pluie se met à tomber. Au bout de la rue, derrière des petites maisons noires semblables à des boîtes à chaussures, un éclair zigzague parfois. Une odeur de poussière mouillée monte de l'asphalte. Sur son front, les gouttes d'eau sont fraîches. Un long roulement de tonnerre gronde. La pluie se met à tomber à verse. Elle a envie de courir en hurlant des insultes. La pluie siffle sur les pavés. Maintenant, elle a les genoux mouillés. Elle marche. La rue s'étend sous la pluie. Elle marche, anonyme, simple cellule de la foule. Elle prend l'escalier roulant du métro et monte dans un wagon. Debout, elle se laisse soutenir par la masse des autres corps. A chaque station, on la bouscule. La pression devient plus forte. Elle n'oppose aucune résistance. Elle s'abandonne.

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01/10/2011

Gare Saint Charles

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Le hall de la gare bourdonne de monde. La foule. Les odeurs. Des troupes avec des valises s'engouffrent dans des trains et en descendent. D'autres attendent, épuisés par la chaleur. ça bouge dans tous les sens. Vers où ?
Une famille passe à toute allure. Des femmes voilées. Un clochard sans dent, regarde la scène et se met à rire. Son chien assis sur le cul, se lèche les babines.
Au bout du quai, un homme reconnaît la personne qui l'attend. Il court à sa rencontre. Lui prend le visage entre ses mains. Les yeux dans les yeux. L'intense amitié.
Dans les gares, on voit des étreintes que l'on ne voit pas tous les jours ailleurs. Même si une heure après, on se dispute, à ce moment-là, on s'aime beaucoup.
On devrait toujours vivre comme si on devait partir le lendemain, ou comme si on venait à peine de rentrer. Tout deviendrait plus précieux : ce que l'on quitte et ce que l'on trouve. Ou venir ici, dans une gare, et faire semblant de partir. Fouiller le monde avec l'idée de revenir. Courir la terre. Courir la mer. La tête dans les poèmes oubliés. Ne pas savoir où aller. Se perdre. Combat de chaque instant. Partir sur les routes. Aller à la rencontre de la différence. Aller plus loin. Demain. Demain peut-être.

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SOIREE SQUEEZE STUPEFIANTE LE 8 OCTOBRE / TOUT UN PROGRAMME

19/09/2011

Passages urbains

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Il était une fois, devant un bar de quartier, quatre africains, chacun suivi de sa boutique, un cinquième qui dort au milieu de ses colliers et lunettes de soleil, un homme obèse qui boit de la bière à la bouteille, un clochard qui marche tenant dans sa main droite un sachet qui contient toute sa maison, et dans sa main gauche sa garde-robe, une famille qui passe devant lui à toute allure, un enfant qui court maladroitement, traînant un tricycle qui fait du bruit, une fillette qui tient son chapeau d'une main pour ne pas le perdre, un clochard qui regarde la scène et qui se met à rire, le noir endormi qui se réveille et qui baille comme un lion, l'homme obèse qui a fini sa bière et qui s'essuie le front, une fille qui  se fait bronzer sur le toit terrasse du bistrot, l'homme obèse qui lui dit que le soleil c'est pas bon qu'il brûle la peau.

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15/04/2011

habitudes et certitudes

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Aykü rue Consolat

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06/01/2011

Rue Estelle

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23/11/2010

La pluie légère

 

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Elle va dans sa chambre, enfile un survêtement et une vieille paire d'adidas. Puis, elle roule un joint et le glisse dans la poche de son sweat-shirt. Un chien aboie quand elle descend le couloir. Il aboie chaque fois qu'elle passe devant la porte. Il la prend toujours par surprise.
C'est un grand chien de berger dont les maîtres ne sont jamais là pendant la journée. Elle entend ses griffes rayer le plancher. "Du calme, du calme" dit-elle. Mais, il continue à s'exciter contre elle. Elle entend ses aboiements tout au long du couloir, jusqu'à ce qu'elle atteigne la porte d'entrée. Elle sort.
Comme toujours le dimanche, la rue est déserte et silencieuse. Elle fait quelques flexions des genoux et se dirige vers le parc. Le ciel est gris. Il est humide et pesant, suspendu trop bas. Les nuages  sont couleur de cendre.
Elle passe devant une bande de gosses assis sur le capot d'une voiture, une boîte de bière à la main. La portière de la voiture est ouverte. Elle doit faire un écart pour l'éviter. Une pluie légère commence à tomber.
Lorsqu'elle rentre dans le parc, des odeurs douceâtres s'élèvent de la terre. Le vent secoue les arbres. Il fait crépiter les gouttes de pluie sur les feuilles. Des gouttes de pluie coulent de ses cheveux sur ses épaules. Elles ruissellent devant son visage.
Pendant quelques instants, elle contemple les nuages. La pluie coule le long de ses joues et de sa nuque. Elle ferme ensuite les yeux et se passe le bout de la langue autour des lèvres. Un cerf-volant cassé claque dans un arbre. Elle palpe le joint dans sa poche, mais l'y laisse. Puis, elle baisse la tête et se met à courir. Autour d'elle, les arbres n'en finissent pas de défiler.
C'est ainsi qu'elle parcourt un ou deux kilomètres, en faisant comme si elle n'allait pas faire demi-tour, comme si elle était capable de s'en aller comme ça.

 

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08/10/2009

Le vent, ou le vide, ou rien

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Tout se passe à la surface des choses, dans la rue, contre la peau... ne subsiste qu'un geste, un élan, une trace... quelque chose qui m'échappe et me déborde à la fois... le trait sans fin, avec les mots les plus simples qui me donnent ce monde-ci et me fait habiter ici, où rêve et réalité se cotoient et fortifient ma raison d'être et de durer avec la poésie la plus dépouillée, la plus nue, la plus silencieuse, et qui maintient l'espace ouvert, un pas à la rencontre de l'autre, ou presque rien, devant ce mur qui m'arrête au croisement de la rue d'Aubagne et de la rue de l'Académie, aussi vivant que les rues de la ville, avec les mots de chaque jour, comme en suspens au-dessus du vide jusqu'à la mer dans les fenêtres, et la nuit qui arrive en rampant par-dessus les toits...

04/07/2009

Les brocolis

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Nous qui achetons des tomates, des carottes, des chewing-gums et du papier toilettes, on forme de longues files. On avance un peu. On attend. Une femme pèse des brocolis sur une balance et examine cette balance avec un grand sérieux. Elle porte une robe rose et des faux cils. Elle prend des brocolis. Elle les glisse avec précaution dans un sachet plastique transparent. Je regarde la façon dont elle marche. je l'imagine courageuse et folle. Je me dis que rien ne vaut la plaisanterie que nous sommes, le sérieux que nous sommes, la lourdeur que nous sommes.

20/06/2009

Transit

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Depuis la grande salle où les touristes boivent des coca-cola couleur marron suspecte, jusqu'à la terrasse aux murs couverts de graffiti, tout est très cosmopolite dans ce bar. A ma droite, il y a une rousse à la chevelure ébouriffée d'endives qui fait semblant de lire American death trip. Près d'elle, une tache orange sur son pull-over bleu, un enfant parle la bouche pleine. Un vieil homme me demande une cigarette. Il est presque en loques et s'appuie contre la mort. Je lui en donne deux avec précaution. Une fille en mini court dans la rue en tortillant du cul. Remuant et tortillant du cul. Les garçons la regardent, cloués sur place. Ici, il n'y a pas grand chose à faire. Ce n'est rien qu'un passage dans la vie quotidienne.

25/05/2009

La petite plage

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Un peu de ciel. Une matière vive. La mer dans un coquillage. La mer entière. L'ampleur du temps. L'ombre du chemin. Les poussières. L'ouverture à la respiration. Ici et maintenant. En cette vie. En ce monde. L'intuition du regard et le geste qui nous fait vivre.

19/01/2009

Rue de la République

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17/01/2009

Tomorrow and Tomorrow

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L'écume éclabousse, charrie en son remous, sacs plastiques, bois flottés, goudrons, graines, verres et galets. L'écume mouille l'air sous la voûte du ciel. Elle frappe, fouette, roule, cingle vers des explosions qui se brisent avec fracas, dans une odeur souterraine de lichens et d'eau de mer. Les bruits du dehors arrivent comme des clapotis enveloppés d'ouate.

05/01/2009

Aykü et le père Noël

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L'air marin dans le souterrain du métro.
La gare Saint-Charles.
Le tactac des roues.
La voix d'Yma Sumac.
Un air amérindien.
Je suis en train.
Un léger mouvement parfois.
Des petits riens.
Visages assis.
Regards debout.
Les yeux dans la fumée.
Ceux qui se parlent à eux-mêmes.
Dans le vent qui les sème.

16/10/2008

Jusqu'ici tout va bien

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Je marche. sans arrière pensée. Je dirige mes pas vers le point de l'horizon le plus lointain. Je suis les trottoirs. Je les quitte. Je traverse le bitume. Je marche droit vers d'autres rues plus loin. Je les traverse. Je les quitte pour d'autres encore. Je rejoins le point de l'horizon le plus lointain. Je marche. Je marche. Je marche sans rien atteindre. Je m'arrête. Je repars. Le ciel remue sans cesse. Il n'y a personne pour le moment. Rien ne bouge. Je regarde mes pieds larges. Je marche. Je m'arrête. Je continue. Je suis dans les rues de la ville. Dessous les nuages, une vapeur grise stagne. Le ciel est bas. Le ciel est si bas qu'il touche presque le bitume. L'état du ciel est malade. On dirait une ville presque déserte où seuls demeurent quelques témoins de sa destruction. Des volets grincent. Sur le sol, la poussière sent l'urine. L'odeur reste, de l'urine et de la poussière. C'est comme ça chaque fois. Café ou bière ? Rien ne me plaît davantage que marcher sans but dans la ville, tandis qu'arrive de la rue la rumeur d'un quartier avec son concert habituel de cris, de klaxons et de coups de freins. Histoires quotidiennes qui reflètent l'inexplicable instinct de la vie. Histoires sans importance ? Je n'ai pas de réponse.

14/10/2008

Sarkopie

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