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art de rue

  • Rond point

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    La mer au loin. le ciel blanc. aucun arbre. lunettes noires. bouches qui tètent des sodas. couples aux visages luisant comme du bois ciré. Elle titube. Pourtant, elle n'a pas bu. Elle garde les yeux grands ouverts. Elle observe les voitures qui démarrent ou freinent aux feux rouges. Elle lève la tête vers le ciel. Elle reste debout. Elle ne se rappelle plus la saison qui l'a poussée à sortir de chez elle. Elle marche sur le trottoir. Elle regarde parfois la vitrine d'une boutique. Elle a chaud. Elle jette son manteau dans une poubelle. Elle revient sur ses pas pour le récupérer. A présent, il sent mauvais. Elle s'arrête pour voir les noms des rues. Elle ne sait pas où aller. Elle préfère continuer à marcher. Elle en a assez de voir les gens marcher tête baissée sur les trottoirs. Elles se demande ce qu'ils peuvent avoir dans la tête tous ces gens dans la rue. Elle ne peut se retenir d'éclater de rire dans la rue, sans aucune raison, pour le seul plaisir de se sentir en vie. Elle s'assoit sur un banc près du bac à sable désert.  Les piétons marchent dans un sens et dans l'autre. Certains s'arrêtent au milieu du trottoir sans qu'on sache pourquoi. Elle essaie de bronzer. Elle ne dit rien. Elle regarde sa montre. Elle regarde les lignes de ses mains. Elle les trouve profondes. Elle regrette de ne pas croire aux signes du destin.

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  • Vous me suivez

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    Elle marche plus vite. La rue monte et les maisons se font rares. Le sang coule, abondant et chaud, dans ses veines. Elle peut entendre ses pas sur le macadam usé. Une boîte de tomates en conserve titube au milieu de la route. Elle continue à marcher en la poussant devant elle à grands coups de pied. Elle marche à pas rapides. Elle se fraye un chemin à travers les bruits rugueux et tranchants, en dent de scie, de la rue. Elle fait son possible pour modeler le balancement de ses hanches en marchant. L'air lui fouette le visage. Elle marche à grandes enjambées en regardant droit devant elle. Elle marche en silence. La pluie se met à tomber. Au bout de la rue, derrière des petites maisons noires semblables à des boîtes à chaussures, un éclair zigzague parfois. Une odeur de poussière mouillée monte de l'asphalte. Sur son front, les gouttes d'eau sont fraîches. Un long roulement de tonnerre gronde. La pluie se met à tomber à verse. Elle a envie de courir en hurlant des insultes. La pluie siffle sur les pavés. Maintenant, elle a les genoux mouillés. Elle marche. La rue s'étend sous la pluie. Elle marche, anonyme, simple cellule de la foule. Elle prend l'escalier roulant du métro et monte dans un wagon. Debout, elle se laisse soutenir par la masse des autres corps. A chaque station, on la bouscule. La pression devient plus forte. Elle n'oppose aucune résistance. Elle s'abandonne.

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  • Gare Saint Charles

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    Le hall de la gare bourdonne de monde. La foule. Les odeurs. Des troupes avec des valises s'engouffrent dans des trains et en descendent. D'autres attendent, épuisés par la chaleur. ça bouge dans tous les sens. Vers où ?
    Une famille passe à toute allure. Des femmes voilées. Un clochard sans dent, regarde la scène et se met à rire. Son chien assis sur le cul, se lèche les babines.
    Au bout du quai, un homme reconnaît la personne qui l'attend. Il court à sa rencontre. Lui prend le visage entre ses mains. Les yeux dans les yeux. L'intense amitié.
    Dans les gares, on voit des étreintes que l'on ne voit pas tous les jours ailleurs. Même si une heure après, on se dispute, à ce moment-là, on s'aime beaucoup.
    On devrait toujours vivre comme si on devait partir le lendemain, ou comme si on venait à peine de rentrer. Tout deviendrait plus précieux : ce que l'on quitte et ce que l'on trouve. Ou venir ici, dans une gare, et faire semblant de partir. Fouiller le monde avec l'idée de revenir. Courir la terre. Courir la mer. La tête dans les poèmes oubliés. Ne pas savoir où aller. Se perdre. Combat de chaque instant. Partir sur les routes. Aller à la rencontre de la différence. Aller plus loin. Demain. Demain peut-être.

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    SOIREE SQUEEZE STUPEFIANTE LE 8 OCTOBRE / TOUT UN PROGRAMME
  • Passages urbains

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    Il était une fois, devant un bar de quartier, quatre africains, chacun suivi de sa boutique, un cinquième qui dort au milieu de ses colliers et lunettes de soleil, un homme obèse qui boit de la bière à la bouteille, un clochard qui marche tenant dans sa main droite un sachet qui contient toute sa maison, et dans sa main gauche sa garde-robe, une famille qui passe devant lui à toute allure, un enfant qui court maladroitement, traînant un tricycle qui fait du bruit, une fillette qui tient son chapeau d'une main pour ne pas le perdre, un clochard qui regarde la scène et qui se met à rire, le noir endormi qui se réveille et qui baille comme un lion, l'homme obèse qui a fini sa bière et qui s'essuie le front, une fille qui  se fait bronzer sur le toit terrasse du bistrot, l'homme obèse qui lui dit que le soleil c'est pas bon qu'il brûle la peau.

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