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allemagne

  • Monbijou Park

     

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    A Berlin, la chaleur me frappe de plein fouet. Il fait tellement chaud que j'ai l'impression que même les rues vont fondre. Moi qui ai l'habitude d'aller le long des trottoirs, tout en regardant à droite et à gauche, je déambule sous un soleil de plomb -exténuée- sans ombre pour me protéger. Quand je découvre Monbijou Park, le soleil frappe si fort que la tête me tourne. Je marche et je regarde. Je jouis de Monbijou Park comme un Grec archaïque verrait en chaque chose une divinité. Plus tard, bien installée sur une chaise longue, je vide des verres de bière, ou je les remplis, tranquillement bercée par les sons électros d'un DJ, en regardant couler le fleuve. Bien sûr, dans cette position, je laisse passer le soleil sans rien lui demander. J'accepte de laisser flotter mon regard et même de suspendre ma capacité de voir, pour imaginer quoi regarder. Toute certitude est dans les rêves écrivait Baudelaire. Bref, J'imagine, c'est-à-dire que je monte des images les unes avec les autres, derrière mes paupières closes. A Berlin, seul le présent fugace existe. D'ailleurs, il vient s'assoir à côté de moi en me disant Me Voici. J'ai vécu un temps où ce qu'on pouvait appeler la justice a été déchiqueté, ce qui veut dire que mon être humain, lui aussi, a été déchiqueté. D'où, de quel lieu et de quel temps, me parle donc ce fantôme ?