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aboyer

  • Marché des Capucins

     

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    Les sacs en plastique s'accumulent en montagnes molles. Une plaque de tôle s'agite comme une lèvre capricieuse. L'atmosphère est bruyante. Autour de moi, les gens sont gais. Sous les pieds, le rythme est contagieux. L'asphalte glissant y ajoute une pointe de piment. Le brouhaha, le bourdonnement des voix, s'écoulent le long des ruelles. Seuls, des hommes sont assis aux terrasses des cafés, comme  dans une éternelle attente. Spectateurs et acteurs sont les mêmes. Les deux émoussent les angles aigus de leur identité, comme des galets charriés ensemble par les vagues de la mer, se frottent et se lissent avec le temps. Le bouillonnement dans la tête, les conversations, les impulsions, les fantasmes, les ressentiments, s'accumulent. Pourquoi ce désir si fort de s'exposer ? La vie émotionnelle est un système d'égout complexe. Il faut chier tous les jours, ou ça bloque dans le trou du présent. "Pourriez-vous me dire l'heure ?" Elle est coiffée d'un foulard blanc et porte un manteau vert. "Dix heures trente". Je dis merci. Elle s'éloigne, en marchant en direction de la station de métro. Assis sur l'appui d'une fenêtre, un petit garçon contemple le soleil. Il sourit doucement. Je m'engage d'un pas lent le long de la rue. Mes pensées filent. Elles se bousculent sans que je puisse les retenir.

     

    http://www.radiodiction.org/

    Tous les mardis de 13 à 14 heures

    88.4 sur Radio Galère à Marseille