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écriture murale

  • Un jus de ciel bleu

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    Ciel bleu sur les banlieues, les blocs de gris et les bétons, les ballasts, les tags et les buissons des petits jardins. Ciel bleu dans la mer et sur les autobus climatisés. Ciel bleu sur la place des capucins et sa rue longue où brillent les tranches de pastèques, les fruits sur les étalages, les boîtes de thé et le tabac à chiquer.
    Ciel bleu, klaxons, balayettes et sacs en plastique, odeur de goudron, on se racle la gorge, on crache, "cigarettes, légendes, marlboro", des pas, des voix, des cris, des marteaux, des machines, voix et musique partout, la ville est un chantier et le monde me saute aux yeux, comme les mots venus sur le papier, avec des gestes et des voix me sautent aux yeux.
    Et je suis ce rien, doué de phrases, qui retraduit en évidence son ignorance : écrire vient dire son mot.

    http://www.editionsdelabatjour.com/

    p.76 vous pourrez lire ma microfiction
    Notre Dame des morts violentes

  • Vague obscurité

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    Une vague obscurité nappe le port. Le vent glacé est si dur qu'il impose à l'eau sa forme. Les vagues se jettent en avant avec un bruit flasque de linge essoré. Partout, on perçoit le bruit des mâts qui souffrent, du bois forçant contre le bois, des cordages qui frottent, tendus à se rompre.
    Au milieu d'un bateau de pêche, des marins sont en train de rincer des filets et de les plier, d'autres déversent des seaux d'eau de mer. Ils frottent le pont avec un balai à long manche.
    Cramponné au bastingage, l'homme se tient le buste droit. Il ne bouge pas. Il est grand, avec un visage calme et des cheveux bruns. Il porte une vareuse, un gros chandail de laine, des bottes de caoutchouc. Dans le ciel, il y a quelques étoiles. La lune fait scintiller la mer.
    Plus bas, une voiture se gare sur le parking, feux de stationnement allumés. Une personne à l'intérieur. L'homme se tourne vers les marins, lève la main en guise de remerciement et s'avance vers l'appontement. Une fois sur le quai, il ouvre la portière, monte dans la voiture qui démarre et se perd dans le flot de la circulation.

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    Revue Squeeze N°4
    "Nietzsche dans le souterrain"

  • Travelling

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    Il s'assoit sur le banc auprès d'elle. Elle croise les jambes. Elle lui tourne le dos. Elle feuillette un magazine. Elle hoche la tête. De l'autre côté de la place, une jeune femme, penchée à une fenêtre, bat un tapis. Elle serre les lèvres. Il fixe le sol. Elle referme son magazine. Elle se lève. Il la regarde. Elle le regarde en hochant la tête. Elle se met un foulard sur la tête. Elle part. Il reste assis tout seul. Il a pourtant essayé bien des fois. Il pense à la solitude qu'il éprouve. Il reste là, assis sur le banc, à se demander pourquoi. Il allume une cigarette. Il regarde de nouveau autour de lui. Il sourit. Il se gratte la tête. Il se prend la tête entre les mains. Il hausse les sourcils. Il hoche la tête. Il hausse les épaules. Il rit tout seul sans trop savoir pourquoi. Il serre ses bras autour de lui. Il fait des bruits de baisers. Au bout d'un moment, il se lève. Il rentre dans un petit café. Elle sort. Il la suit du regard. Il s'assoit en soufflant. Elle hoche la tête. Elle détourne le regard. Elle ramasse un caillou. Elle fait passer le caillou d'une main à l'autre. Il se sent heureux rien qu'à la regarder. Elle pousse un profond soupir. Elle allume une cigarette. Elle tire quelques bouffées. Elle s'en va en regardant droit devant elle. Il commande un café avec un verre d'eau.

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  • Les cheveux ondulés

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    Dimanche. fin d'après-midi. Le soleil se fond dans le ciel. Tout est blanc. aveuglant.
    Je marche depuis une heure, prenant plaisir à l'effort des muscles de mes jambes, cuisses et bras. Et mes pensées, vagues et confuses d'abord, se ralentissent peu à peu, jusqu'à ne plus être des pensées, mais de simples impressions, pareilles aux images muettes et fugaces d'un rêve.
    Dans une ruelle, je croise une femme aux yeux sombres et vifs, aux sourcils droits, aux lèvres maquillées. Elle a, au coin de la bouche, une cicatrice blanche qui évoque un éclat de verre. Ses épais cheveux chatain sont ondulés. Ses mains ne portent aucune bague. Ses ongles sont laqués d'un rouge dur. Elle farfouille dans son sac à la recherche d'un mouchoir et se mouche.
    Je la regarde s'éloigner jusqu'à ce qu'elle soit hors de ma vue.
    Plus loin, il y a des chats et des bouteilles et des clochards.
    Je poursuis mon chemin en me demandant où va la vie quand elle s'arrête.

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