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écrire la ville

  • Une dimension de l'indifférence

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    Le soleil se cache quelque part derrière un nuage. Pluie fine sur les toits. Pluie fine sur les trottoirs de la ville. Aux Réformés, les marchands de fleurs ont sorti leurs parapluies. Ils sont bleus et protègent tout un éventail de jeunes pousses vertes.
    Dans les rues autour de la gare, des hommes hébétés gisent dans les entrées des immeubles. Ils dorment, immobiles, sous l'influence de l'alcool. Ils ont étendu des feuilles de journaux et des cartons sur le sol en guise de matelas. Dans un coin, une odeur d'urine exhale des effluves musquées.
    Devant les boutiques indiennes, les propriétaires se tiennent dans l'embrasure de la porte, échangeant des commentaires et des plaisanteries.
    à la périphérie de la ville, il y a des bâtiments aux fenêtres murées ou couvertes d'une feuille de métal qui laisse parfois filtrer la nuit, un rayon de lumière. Les immeubles ont un air de décrépitude, d'abandon. Certains attendent les coups de la boule d'acier des démolisseurs.
    Je marche. Mes sens sont submergés d'images, aussi passagères que mes propres mouvements.

  • Place forte

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    La place est toute vide, juste un chien, un chien maigre à poil long qui erre en faisant des allées et venues, et puis, marche vers la plage, et se contente de se promener en soulevant des petits grains de sable, des petits cailloux, une infinité de petits morceaux granuleux, comme un paysage lunaire.
    Pendant que je marche, l'image se déplace. Je vois les pans de mon manteau battre sur les côtés, et en bas au niveau des jambes, les pans s'écartent quand je marche. Je vois un café avec terrasse. Il y a de petites tables rondes. Une ou deux personnes y sont installées, seules.
    Je vais m'assoir. Un serveur arrive aussitôt par une porte qui s'ouvre. Je n'avais pas remarqué cette porte. Elle se confond avec le mur.
    Il me demande si je veux boire quelque chose. Je commande un café. Au loin, prolifèrent de minuscules voiliers, et le ciel se couvre.

    Cohues 15 - novembre 2014
    http://www.cohues.fr/

  • Passage piétons

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    Rires étouffés. éclats de voix à la dérive. les nuages ne bougent pas. une immobilité dans l'air, dans la lumière crépusculaire. tout le monde dehors à déambuler, ou assis sur des bancs dans la pénombre. les gens vont et viennent. des images qui bougent. des personnages qui surgissent d'un creux dans le trottoir, d'un renfoncement, d'une fente. Cris d'oiseaux. magnifiques oiseaux qui chantent tous ensemble dans les dernières lueurs du couchant et clament leur joie à la lumière agonisante.

    Paysages écrits 23 - décembre 2014
    https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/home
    de la page 123 à la page 125

  • Portrait de ville

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    Garder la rue comme poste d'observation du réel, dans son versant le plus sauvage, abandonnée à une économie de survie, celle des mendiants, des trafics, de la prostitution, occupant certains quartiers spécifiques, au sein d'un environnement syncopé et discordant.
    L'impression d'ensemble qui prédomine est celle d'un condensé d'images et de sons se succédant à un rythme soutenu, sans véritable structure linéaire ou homogène.
    On pourrait dire que ce sont des portraits de ville, une mise en relation du corps au décor, la représentation brute, publique et la mémoire des choses, les indices fugaces de la modernité qui disparaissent aussitôt.

    http://www.lecafardheretique.fr/
    Quelques textes dans la revue N°4

  • Les heures creuses

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    D'énormes nuages gonflés de pluie couvrent le sommet des immeubles. Assis à la table d'un café, il mange son hot-dog en faisant semblant de regarder la télé. Lorsqu'il a terminé, il se tamponne les lèvres avec une serviette en papier et traverse la pièce jusqu'aux toilettes où il se lave les mains. Ensuite, il sort. Une petite bruine tombe et il sent avec plaisir cette humidité froide sur son visage.
    La rue est envahie par la foule des travailleurs qui sortent du boulot et par les autres qui font leurs courses. Il se retourne. Il aperçoit les voitures trembler le long de l'autoroute comme des mirages et les pylônes haute tension onduler à travers l'espace désert. Il pense qu'il lui faudrait marcher des kilomètres pour s'échapper complètement, pour ne plus voir les immeubles, les voitures, les gens.
    En bord de mer, les déferlantes se brisent sur des récifs. Il flotte dans l'air une odeur d'iode. Subitement, il est submergé par l'envie de se jeter à l'eau.

    http://revuesqueeze.com/actualites/revue-squeeze-n8/