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Plaques-sensibles - Page 6

  • Réverbère

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    La ville pue le moisi et dégage une odeur de vieux cartons empilés. Près de l'eau, deux hommes parlent à côté d'un long bateau amarré au ponton qui se réduit à un radeau composé de fûts de pétrole et de pneus de voitures.
    Accroupie près de l'amarre, une fille fume. Elle fait tomber les cendres de sa cigarette dans une petite boîte métallique. Elle porte un grand chapeau de paille dont elle a rabattu sur les yeux le large bord.
    Des nuages épars s'amassent, masquant parfois le soleil. L'air chaud fait comme une chape qui pèse puissamment sur toute chose.
    Alors que cette fille paraît enfermée dans une joie paisible que rien ne troublerait jamais, elle tourne la tête en souriant et se met à agiter frénétiquement les mains.
    Une camionnette s'arrête. Le conducteur la regarde à travers le pare-brise maculé de chiures de mouches.
    Malgré l'absence de tonnerre, on devine l'imminence d'un orage dans le déséquilibre de l'atmosphère.

    http://www.lecafardheretique.fr/
    Trip acide vient d'être publié dans le n°2

     

  • Les peaux rouges

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    Sur les murs au soleil de la ville
    Sur les murs des sous-sols de la ville
    Sur les vitrines
    Les façades
    Les bâtisses vénérables
    Je vois des insultes en couleur
    Elles ont un nom connu et respecté
    On les appelle publicités
    Mais la nuit je vois dans l'ombre de la ville
    S'animer des mains de rêveurs
    Ce sont des peaux rouges à la parole stridente
    Embusqués dans le maquis des mots
    Leur couleur est cosmopolite, hors taxe et métèque

  • Dream city

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    Quand le réveil sonna, il aurait voulu garder les yeux clos et continuer son rêve. Quelqu'un, il ne savait pas qui, marchait sur une route, portant quelque chose, un sac de voyage peut-être. Dans le rêve, il ressentait une impression de bien-être.
    Il se tourna sur le côté et poussa un bouton pour arrêter la sonnerie. Il resta encore un peu au lit. Puis, il se leva, mit les pieds dans ses espadrilles, et alla à la cuisine mettre en route le café. C'est alors qu'il entendit un grondement sourd dans la rue. Il regarda par la fenêtre. Un vieux break se rangeait dans le parking en face. Il y avait des vêtements pendus dans la voiture et d'autres empilés à l'arrière.


    http://revuesqueeze.com/actualites/revue-squeeze-n8/

  • Les heures creuses

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    D'énormes nuages gonflés de pluie couvrent le sommet des immeubles. Assis à la table d'un café, il mange son hot-dog en faisant semblant de regarder la télé. Lorsqu'il a terminé, il se tamponne les lèvres avec une serviette en papier et traverse la pièce jusqu'aux toilettes où il se lave les mains. Ensuite, il sort. Une petite bruine tombe et il sent avec plaisir cette humidité froide sur son visage.
    La rue est envahie par la foule des travailleurs qui sortent du boulot et par les autres qui font leurs courses. Il se retourne. Il aperçoit les voitures trembler le long de l'autoroute comme des mirages et les pylônes haute tension onduler à travers l'espace désert. Il pense qu'il lui faudrait marcher des kilomètres pour s'échapper complètement, pour ne plus voir les immeubles, les voitures, les gens.
    En bord de mer, les déferlantes se brisent sur des récifs. Il flotte dans l'air une odeur d'iode. Subitement, il est submergé par l'envie de se jeter à l'eau.

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