Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Plaques-sensibles - Page 3

  • Durga

    12juillet 006.JPG

    Au Rajasthan, il existe un temple dédié aux rats. Des milliers s'y promènent en toute liberté. Les visiteurs doivent retirer leurs chaussures avant de pénétrer dans l'enceinte sacrée de ce temple dédié à l'incarnation de la déesse Durga chevauchant un tigre, avant qu'elle ne devienne déesse des rats.

  • Paroles déchirées

    MatCaro 004.JPG

    Broyés par un torrent de références. Angoisse de savoir ce que l'on peut encore écrire ou dire. Tout a déjà été récupéré. Résidence surveillée de la pensée. Images kalachnikovs. AK 47. La langue dans la bouche. Faire corps avec sa machine. Dedans ou dehors, les détails font le quotidien. La vie rage grouille et piétine. Du sable collé aux yeux et à la peau, de sombres nuages étendent partout leur ombre meurtrière. Ils sont tout puissants et tiennent les peuples prostrés et muets sous la menace de leurs forces. L'air est à bout de souffle. Venu de ville de régions de villages jusqu'alors ignorés. Foule en marche. Franchir les frontières. Disparaître. Se tirer. Terra incognata. Et le reste suivra.

  • Infos rapides

    PrépaIVS 113.JPG

    Les voitures glissent sur le bitume. Chant monotone et régulier. Ronde des livreurs de pizzas. Une femme fouille les poubelles dans l'espoir de dégoter quelque chose à manger. Une ambulance se rapproche, gyrophare en alerte. Silhouettes anonymes tracées à la craie sur le trottoir. Fosse commune géante. Odeur de caniveaux et d'égouts engorgés. Bruits de la vie qui se débat. Serments des ventres. Tout cela s'anime dès la tombée du jour. La pénombre jette ses premières cartes en hésitant entre l'illusion, l'émotion et l'absence.

  • Hôtel de l'Avenir

    PrépaIVS 063.JPG

    Trottoirs embouteillés. Immeubles en béton gris, inachevés et inhabités. Fenêtres ouvertes sur le vide. Toiture béante. Un SDF assis contre un mur. Un chien auprès de lui. Des passants qui se hâtent vers leurs activités coutumières. Sillages frais tout juste sortis de la salle de bains. Des hommes marchent d'un pas vif. Les yeux braqués sur eux-mêmes. Des femmes sont resplendissantes. Leurs talons aiguilles claquent sur les trottoirs comme des décisions sans appel. Au loin, se dresse la tour la plus haute de la ville. Tel un doigt planté dans le cul du ciel, elle engloutit des flots de bureaucrates qui foncent tête baissée vers leur destin visqueux. Autour, les mouettes virevoltent, excitées jusqu'à frôler l'extase.

  • Routine quotidienne

    PrépaIVS 093.JPG

    Hier matin, je marchais sur un trottoir de la rue Paradis, quand soudain, une forte odeur de merde a attiré mon regard vers les poubelles qui se trouvaient posées sur le bitume près des containers, et là, j'ai vu un slip blanc tout neuf plein de merde, la merde qui dégoulinait sur le plastique vert du sachet, la merde fraîche d'un homme qui n'avait pas pu se contenir, une merde d'une belle couleur chocolat liquide, la merde d'un type qui avait la diarrhée, toute cette merde au bord du trottoir de la rue Paradis, une rue de magasins chics et d'appartements bourgeois, cette merde posée là à la vue de tout le monde, et non pas planquée dans un container, est-ce que le mec portait un costard cravate avec cette culotte si blanche et si bien taillée dans un pur coton bien épais ? S'était-il déshabillé dans la rue ? Avait-il un kleenex dans son attaché-case pour se torcher le cul ? Est-ce une vengeance ? Est-ce la vengeance d'un commerçant de la rue envers le commerçant dont la devanture se situe devant les containers poubelles où se trouvait le slip plein de merde ? Peut-être que ce magasin appartient à une femme et que cette femme vient de larguer celui qui a déposé le slip plein de merde pour la faire chier ? Peut--être...