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  • L'impossible espace

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    De chaque côté, il y avait des appartements de luxe. J'ai vu une femme ivre qui courait dans la rue, et lorsqu'elle est arrivée au bord du trottoir, elle a trébuché, et elle est tombée dans le caniveau. Un jeune homme a aidé cette femme à se relever, mais, elle tanguait sur ses talons hauts et se frottait les genoux, et le jeune homme n'arrêtait pas de lui parler. Il parlait en agitant ses mains, et la femme disait qu'elle était heureuse d'avoir rencontré le jeune homme, parce qu'elle en avait marre de lutter contre son mari que l'alcool rendait dingue. Elle avait du mal à se tenir debout, comme si ses os trop à l'étroit, voulaient aller dans la direction du jeune homme. Au loin, un ballon a éclaté. Il y avait un homme qui n'arrêtait pas de sauter sur place, et pendant ce temps personne ne disait rien, et se contentait de regarder ce quelque chose qui se passait, comme si chaque chaque geste sortant du chaos, était aussitôt rendu au hasard, à l'attente du prochain élan...

  • Mabuse [2]

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    Le soleil décline. Je suis dans la rue, comme d'habitude. La rue est encombrée par la circulation. Les conducteurs des voitures sont sur les nerfs et sur la défensive. Ils paraissent malheureux. Soudain, il y a un claquement, accompagné d'un rugissement : le métro aérien s'arrête pile devant moi. Je dévisage une rangée de tronches qui me rendent mon regard. Puis, le métro disparaît et je me balade.
    Un petit chat passe devant une porte. Il s'arrête et me regarde. Ses yeux brillent comme du feu. Je tends la main, mais le chaton reprend sa route. Plus loin, je passe devant un terrain vague. Des hommes jouent au football. La plupart ont du ventre et des gros culs. Je les observe. Il y a plein de balles qui partent n'importe où, mais ils continuent à jouer. Presque comme s'il s'agissait d'un rite.
    C'est la première fois que je suis seule depuis cinq jours. La solitude me nourrit. Sans elle, je suis comme une autre privée de nourriture ou d'eau. Chaque jour sans solitude m'affaiblit. Je ne tire pas de vanité de ma solitude, mais j'en suis tributaire.

  • Je reste assise

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    Il fait une chaleur à tout casser. J'ai été m'assoir sur les bancs avec les autres passagers. On est tous là, assis, à se dévisager et à se fuir du regard. On mâche du chewing-gum. On boit du café. On va aux toilettes. On pisse. On dort... On est assis sur les bancs et on fume des cigarettes. On se reluque mutuellement. On regarde les étalages. On voit des clodos se balader avec de gros manteaux, malgré la chaleur. On fait partie du paysage comme les trottoirs, les poubelles, les panneaux de signalisation, les sirènes, les voitures, les graffitis, la mer, la lune, les soirs où il y a la lune...

  • Mabuse

     


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    C'est pendant la crise. La scène est simple. On dirait une scène de film. Il est minuit environ. La nuit est fraîche et claire. Un jeune couple est installé à une table près de la porte. Ils boivent de la bière et fument une cigarette. Puis elle dit quelque chose. Il fait oui de la tête et il parle. Puis ils se taisent [Un temps] Elle boit une gorgée de bière. Elle sourit et se penche pour consulter son téléphone. Dans sa main gauche, elle tient une cigarette entre l'index et le majeur. Elle boit une gorgée de bière. C'est bon. Il l'observe pencher sa tête en arrière en buvant. Quelques petites rides sillonnent son cou. Elle ne dit rien. Lui non plus. Ils restent là assis à se regarder en descendant leur verre de bière [Un temps] Dehors la lumière des enseignes au néon du boulevard filtre au travers des stores poussiéreux. La rue est jonchée d'un tas d'objets : une vieille chaussure, une chemise orange, un vieux sac à main, un pamplemousse pourri, une autre chaussure, un jean, un pneu...
  • Sinon Rien

     

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    Des nuées de petits insectes se mettent à tourbillonner devant mon visage selon des trajectoires irrégulières, se croisant et se recroisant sans cesse mais sans jamais entrer en collision. Ce ne sont que des points minuscules qui cherchent quelque chose. Je regarde le ciel au travers du nuage de points minuscules. Le ciel est bleu vaste. Le temps sonne comme une cloche sourde. Je me regarde. J'étudie mon visage. Mon visage, mes cheveux, tout. Un sourire étire le coin de mes lèvres. Narcissisme avec tressaillement du doute. Je presse trop fort le tube de dentifrice. C'est un dentifrice qui ressemble à un gros vers engraissé à la chlorophylle. Le lavabo en est éclaboussé. Avec un doigt j'en récupère un peu que j'applique sur ma brosse à dents. J'ouvre la bouche. Je brosse. Le téléphone se met à sonner. Je ne bouge pas. Le matin, je ne réponds jamais au téléphone.

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