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street art - Page 4

  • Dimanche au parc

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    De la verdure. Pelouse interdite. Pendant quelques minutes, c'est comme si on vivait ailleurs. Assis sur un banc, un homme replie son manteau sur ses genoux pour cacher une érection aussi soudaine qu'inexplicable. Des ballons circulent dans l'air. Une petite fille dessine à la craie une marelle. La balançoire couine. Des gens courent, à croire qu'ils sont poursuivis par un monstre qui peu à peu gagne du terrain. Ils halètent. Ils suffoquent. Ils dépassent les marcheurs. Ils courent en encourageant leurs cerfs-volant à tue-tête. C'est à peine s'ils remarquent les nuages avant qu'il se mette à pleuvoir.
    La pluie s'abat en nappes. Tout le monde est trempé d'un coup. Les parapluies s'ouvrent. Leurs pointes argentées fusent et visent les orbites. Au coin de la rue, c'est la rafale du vent qui les emporte. Les parapluies se retournent et se déchirent. Ils finissent à la poubelle. Tout ce fric dépensé chez le coiffeur et voilà le résultat ! On reçoit la pluie en pleine figure comme des aiguilles. Des sacs en plastique vides s'accumulent en montagnes blanches et molles. Des mouettes patrouillent le secteur. ça monte. ça descend. ça tourne par ci et ça s'abat par là, comme une vague qui annonce le vertige et s'envole sans s'en rendre compte. Les mouettes font ce qu'elles veulent, elles qui ont des ailes. La nuit, il leur faut des lunettes noires.

    http://www.editionsdelabatjour.com/article-l-ampoule-numero-7-116196406.html

    La revue l'Ampoule n°7 vient de sortir

  • Poématique

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    Il fait froid. Il pleut. Il vase. C'est vraiment un temps dégueulasse. Dans les rues, c'est comme si l'heure du couvre-feu avait sonné. La vie s'écoule comme amortie. Je laisse errer mon regard sur la salle du bistrot. Par-delà une cloison de bois peint et de verre dépoli, des hommes épais rient au comptoir. Dehors, il y a des chantiers et des immeubles neufs avec des portes de plexiglas, où viennent vivre des cadres avec des attachés-cases et des lunettes à verres rectangulaires.
    La ville change. Elle ne passe pas d'un monde à l'autre, celui qui se meurt et celui qui n'en finit pas de naître, elle sort de l'ancien monde vers des lieux hors de tous les lieux, c'est-à-dire, des lieux qui écartent en même temps qu'ils privent de relation avec le monde commun.
    Sur le port, tous les bancs publics ont disparu. Il ne reste que la pierre et son rôle purement militaire.

    "L'étrangère" micro-fiction publiée dans le magazine de l'ADA
    http://www.autour-des-auteurs.net/magazine/new_mag.html

    L'Ampoule n°6 des éditions de l'abat-jour
    http://www.editionsdelabatjour.com/

  • La minijupe

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    Une minijupe sur les fesses, elle achète un bouquet d'oeillets, rouges comme sa jupe. Un costaud aux cheveux filasses passe tout près, si près qu'on peut voir le tatouage à son bras et sentir l'odeur de tabac entre ses dents gâtées. Il lève les yeux sur elle et sourit. Des bruits diffus arrivent de loin. Un volet claque quelque part. Un chat débouche d'une ruelle. Il va miauler devant une porte. La porte s'entrouvre. Le chat entre.
    Une vieille femme assise sur un carton. Une main ouverte. A côté d'elle, quelques bananes bien mûres. Dans les rues, l'insolite et le banal ne font qu'un. Le trivial et le sublime aussi. La poésie -comme la photographie- sera faite par tous écrivait déjà Lautréamont.
    Pendant que je marche au-dessous des nuages, mes pensées s'envolent vers Araki et son interminable roman photographique. Traces hasardeuses d'une humanité provisoire et fragile.
    Un employé municipal vient vers moi en balayant le caniveau. Il racle énergiquement la bordure du trottoir avec l'angle de son balai pour entraîner le moindre débris.

    Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

    http://www.radiodiction.org

    09 72 15 48 40
    Appeler pour dire un texte
    24h/24 appel non-surtaxé

  • Les vagues de Virginia Woolf

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    Sur les balcons, des herbes qui tremblent, du linge qui pend, des antennes paraboliques. Un chien qui tourne en rond. Une jeune fille qui se coiffe à sa fenêtre dans une attitude d'amphore. Une petite vieille qui remonte un store. Elle disparaît à l'intérieur de chez elle. J'aperçois les rideaux au crochet, un bout de meuble, un tableau au mur, le lustre. Ensuite un mur, puis des immeubles. Tous semblables, mêmes balcons, mêmes persiennes, mêmes petits cafés avec la télé branchée sur le football, mêmes parfums que les vieilles dames laissent dans les ascenseurs, mêmes individus qui promènent leurs chiens avec une de ces laisses qui s'allongent et se rétractent, mêmes jeunes femmes qui rejettent leurs cheveux en arrière d'un brusque mouvement du cou, mêmes bruits incessants des voitures sur l'autoroute, une infinité de lumières jaunes orangées, la fixité des lumières aussi calmes que les arbres, des conteneurs, des entrepôts, des phrases qui arrivent comme des vagues, les vagues de Virginia Woolf. Virginia Woolf qui entendait les oiseaux chanter en grec. Des petits oiseaux qui chantaient en grec.

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    Revue Squeeze N°4
    "Nietzsche dans le souterrain"

  • Trois bites

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    Le parking est désert, juste des arbres malingres plantés là sans conviction, quelques vieux pneus et des cadres de scooters abandonnés. Sur un mur, il y a des tas de trucs illisibles à cause des lézardes et de l'humidité qui le couvre de taches noires. Mais, on distingue sans peine trois bites en rut classiques, avec couilles protubérantes, petite fente au bout du gland et gouttes de foutre jaillissant de l'extrémité.
    Tandis que je m'éloigne vers le centre de la ville, le bruit des voitures sur l'autoroute ressemble à une ovation lointaine montant d'une arène où les jeux n'ont jamais cessé.

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    Revue Squeeze N°4
    "Nietzsche dans le souterrain"