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street art - Page 2

  • Une dimension de l'indifférence

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    Le soleil se cache quelque part derrière un nuage. Pluie fine sur les toits. Pluie fine sur les trottoirs de la ville. Aux Réformés, les marchands de fleurs ont sorti leurs parapluies. Ils sont bleus et protègent tout un éventail de jeunes pousses vertes.
    Dans les rues autour de la gare, des hommes hébétés gisent dans les entrées des immeubles. Ils dorment, immobiles, sous l'influence de l'alcool. Ils ont étendu des feuilles de journaux et des cartons sur le sol en guise de matelas. Dans un coin, une odeur d'urine exhale des effluves musquées.
    Devant les boutiques indiennes, les propriétaires se tiennent dans l'embrasure de la porte, échangeant des commentaires et des plaisanteries.
    à la périphérie de la ville, il y a des bâtiments aux fenêtres murées ou couvertes d'une feuille de métal qui laisse parfois filtrer la nuit, un rayon de lumière. Les immeubles ont un air de décrépitude, d'abandon. Certains attendent les coups de la boule d'acier des démolisseurs.
    Je marche. Mes sens sont submergés d'images, aussi passagères que mes propres mouvements.

  • Place des Halles Delacroix

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    Le matin tout est différent. L'air frais tire les traits du visage et ouvre les yeux ensommeillés des passants. L'eau s'écoule le long des caniveaux. Elle emporte avec elle les restes nocturnes. Mégots de cigarettes, cartons de joints, pisse chargée de bière, crottes de chiens, restes de bouffe, capotes, tout glisse lentement vers les égouts et se dirige vers la mer.
    Place des Halles Delacroix, le duvet vert sur les arbres dénudés annonce le printemps. Je marche au milieu des étals chargés de légumes et de fruits venus de tous les pays d'Afrique et d'Asie. Les gens que je croise me disent bonjour. Ce sont des frères. Une échappée d'espoir.
    Sur l'appui d'une fenêtre, un petit oiseau brun a l'air de vouloir s'échapper. Un bout de voyage commence. Migration sans fin à travers des kilomètres de miroirs.

     

  • Passage piétons

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    Rires étouffés. éclats de voix à la dérive. les nuages ne bougent pas. une immobilité dans l'air, dans la lumière crépusculaire. tout le monde dehors à déambuler, ou assis sur des bancs dans la pénombre. les gens vont et viennent. des images qui bougent. des personnages qui surgissent d'un creux dans le trottoir, d'un renfoncement, d'une fente. Cris d'oiseaux. magnifiques oiseaux qui chantent tous ensemble dans les dernières lueurs du couchant et clament leur joie à la lumière agonisante.

    Paysages écrits 23 - décembre 2014
    https://sites.google.com/site/revuepaysagesecrits/home
    de la page 123 à la page 125

  • Portrait de ville

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    Garder la rue comme poste d'observation du réel, dans son versant le plus sauvage, abandonnée à une économie de survie, celle des mendiants, des trafics, de la prostitution, occupant certains quartiers spécifiques, au sein d'un environnement syncopé et discordant.
    L'impression d'ensemble qui prédomine est celle d'un condensé d'images et de sons se succédant à un rythme soutenu, sans véritable structure linéaire ou homogène.
    On pourrait dire que ce sont des portraits de ville, une mise en relation du corps au décor, la représentation brute, publique et la mémoire des choses, les indices fugaces de la modernité qui disparaissent aussitôt.

    http://www.lecafardheretique.fr/
    Quelques textes dans la revue N°4