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poétique de la ville - Page 2

  • Les peaux rouges

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    Sur les murs au soleil de la ville
    Sur les murs des sous-sols de la ville
    Sur les vitrines
    Les façades
    Les bâtisses vénérables
    Je vois des insultes en couleur
    Elles ont un nom connu et respecté
    On les appelle publicités
    Mais la nuit je vois dans l'ombre de la ville
    S'animer des mains de rêveurs
    Ce sont des peaux rouges à la parole stridente
    Embusqués dans le maquis des mots
    Leur couleur est cosmopolite, hors taxe et métèque

  • Dream city

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    Quand le réveil sonna, il aurait voulu garder les yeux clos et continuer son rêve. Quelqu'un, il ne savait pas qui, marchait sur une route, portant quelque chose, un sac de voyage peut-être. Dans le rêve, il ressentait une impression de bien-être.
    Il se tourna sur le côté et poussa un bouton pour arrêter la sonnerie. Il resta encore un peu au lit. Puis, il se leva, mit les pieds dans ses espadrilles, et alla à la cuisine mettre en route le café. C'est alors qu'il entendit un grondement sourd dans la rue. Il regarda par la fenêtre. Un vieux break se rangeait dans le parking en face. Il y avait des vêtements pendus dans la voiture et d'autres empilés à l'arrière.


    http://revuesqueeze.com/actualites/revue-squeeze-n8/

  • Poématique

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    Il fait froid. Il pleut. Il vase. C'est vraiment un temps dégueulasse. Dans les rues, c'est comme si l'heure du couvre-feu avait sonné. La vie s'écoule comme amortie. Je laisse errer mon regard sur la salle du bistrot. Par-delà une cloison de bois peint et de verre dépoli, des hommes épais rient au comptoir. Dehors, il y a des chantiers et des immeubles neufs avec des portes de plexiglas, où viennent vivre des cadres avec des attachés-cases et des lunettes à verres rectangulaires.
    La ville change. Elle ne passe pas d'un monde à l'autre, celui qui se meurt et celui qui n'en finit pas de naître, elle sort de l'ancien monde vers des lieux hors de tous les lieux, c'est-à-dire, des lieux qui écartent en même temps qu'ils privent de relation avec le monde commun.
    Sur le port, tous les bancs publics ont disparu. Il ne reste que la pierre et son rôle purement militaire.

    "L'étrangère" micro-fiction publiée dans le magazine de l'ADA
    http://www.autour-des-auteurs.net/magazine/new_mag.html

    L'Ampoule n°6 des éditions de l'abat-jour
    http://www.editionsdelabatjour.com/

  • Vague obscurité

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    Une vague obscurité nappe le port. Le vent glacé est si dur qu'il impose à l'eau sa forme. Les vagues se jettent en avant avec un bruit flasque de linge essoré. Partout, on perçoit le bruit des mâts qui souffrent, du bois forçant contre le bois, des cordages qui frottent, tendus à se rompre.
    Au milieu d'un bateau de pêche, des marins sont en train de rincer des filets et de les plier, d'autres déversent des seaux d'eau de mer. Ils frottent le pont avec un balai à long manche.
    Cramponné au bastingage, l'homme se tient le buste droit. Il ne bouge pas. Il est grand, avec un visage calme et des cheveux bruns. Il porte une vareuse, un gros chandail de laine, des bottes de caoutchouc. Dans le ciel, il y a quelques étoiles. La lune fait scintiller la mer.
    Plus bas, une voiture se gare sur le parking, feux de stationnement allumés. Une personne à l'intérieur. L'homme se tourne vers les marins, lève la main en guise de remerciement et s'avance vers l'appontement. Une fois sur le quai, il ouvre la portière, monte dans la voiture qui démarre et se perd dans le flot de la circulation.

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    Revue Squeeze N°4
    "Nietzsche dans le souterrain"

  • Impasse Montévidéo

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    Il est debout près d'une porte vitrée munie de rideaux. Il est courbé comme s'il allait tendre la main et ouvrir. Mais il se retourne lentement. La pluie dégouline sur la fenêtre près de lui. Il va dans un recoin, prend une bouteille de bière dans le frigo, l'ouvre, et boit au goulot une longue gorgée. Il écoute la bière dans sa bouche, puis la pluie, puis un bruit de pas au-dessus de sa tête, le son étouffé d'un poste de radio quelque part au fond d'un couloir, des voitures qui passent à toute allure dans la rue au-dessous de lui en éclaboussant le bâtiment, un bus arrivant à son arrêt avec un bruit mouillé. La circulation des heures de pointe commence. Elle s'écoule encore vite le long des avenues, mais se congestionne tout à coup aux intersections. De l'autre côté de la rue, dans la brume, s'étend le grand parc avec par endroits des arbres. Il y a des nuages bordés d'argent qui filent à tout allure vers l'horizon sombre comme s'ils étaient attirés par un aimant.

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    Revue Squeeze N°4
    "Nietzsche dans le souterrain"