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photograffeuse - Page 2

  • Dream city

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    Quand le réveil sonna, il aurait voulu garder les yeux clos et continuer son rêve. Quelqu'un, il ne savait pas qui, marchait sur une route, portant quelque chose, un sac de voyage peut-être. Dans le rêve, il ressentait une impression de bien-être.
    Il se tourna sur le côté et poussa un bouton pour arrêter la sonnerie. Il resta encore un peu au lit. Puis, il se leva, mit les pieds dans ses espadrilles, et alla à la cuisine mettre en route le café. C'est alors qu'il entendit un grondement sourd dans la rue. Il regarda par la fenêtre. Un vieux break se rangeait dans le parking en face. Il y avait des vêtements pendus dans la voiture et d'autres empilés à l'arrière.


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  • Variations urbaines

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    J'appartiens au voyageur qui voit dans la trace l'indice d'un évènement qui l'a précédé. Je fais de la fluidité du temps l'espace même de mes actes nécessaires. Il y a tant de manières différentes de ressentir les phénomènes de la ville. Rien n'est constant. Tout change constamment. Nous sommes assaillis par une multitude d'impressions, différentes sensations, force/énergie se composent et se recomposent autour de nous. Le temps ne peut pas se répéter. Tout change continuellement. Tout se résume au mouvement. Tout est toujours différent. Il n'y a rien qui constitue jamais une fin parce que tout peut devenir la base de quelque chose de neuf et de différent. Entrelacées, marginalité et disparition ne cessent, dans l'état actuel des choses, de s'engendrer mutuellement.

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    Shoot canin page 38

  • Changement d'heure

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    Le vieil homme sur le trottoir. voix aiguë. nasillarde. discours qui ne veut rien dire. Il est tapi entre deux automobiles en stationnement. Voiture de police qui tourne au coin de la rue. Gaz d'échappement. Une fille en pantalon rose. chaussures à talons exagérés. chevelure en désordre. Les hommes la dévisagent. Au marché des Capucins les mouches bourdonnent. Le sol est puant. Les gens passent. Les gens hâtent le pas. Les gens détournent les yeux. Ils regardent parfois avec curiosité. Il fait froid en ce moment. Il fait très froid. Il y a du vent. un vent fort qui souffle. On le sent dans les os. On s'en remplit les poumons. On respire des odeurs abrasives. L'air a mauvais goût. L'air empeste. Une température assez fraîche pour purifier les poumons, et cependant l'air empeste. Le ciel tourbillonne avec le vent. On sent l'air froid s'insinuer autour du châssis de la fenêtre. Il va falloir calfeutrer. Un clochard étalé sur le seuil d'un immeuble. Il mourra peut-être de froid. Bientôt le solstice d'hiver.

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    mes microfictions à lire dans la revue l'Ampoule

  • Dimanche d'automne

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    Dans sa voiture, Andy Warhol remonte la rue battue par le vent. Le monde semble avoir perdu ses couleurs : le ciel gris terne, la lumière grise, les nuages sombres à l'horizon, la surface noire de la rue. Il s'arrête, coupe le moteur et aspire une grande bouffée d'air, puis il descend. L'air lui pique le visage. Il essaie de se protéger du vent en relevant le col de sa veste. Il a plu presque toute la nuit. Lui qui depuis des années lutte contre l'insomnie et se lève plusieurs fois par nuit, pour ne s'endormir qu'aux petites heures du matin, il est généralement levé avec le jour.
    à la station-service d'en face, une femme sort des toilettes et s'en va d'un pas brusque rendre la clef au pompiste. Le vent s'engouffre dans son chemisier et le fait flotter comme un drapeau autour de sa taille. La voiture de la femme est ouverte et un homme l'y attend assis.
    Il y a du tonnerre. Le son paraît se déplacer à travers le ciel, comme un gros ballon qui roule sur une table, et puis tout redevient silencieux. La pluie tombe.

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