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marseille - Page 3

  • Trois bites

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    Le parking est désert, juste des arbres malingres plantés là sans conviction, quelques vieux pneus et des cadres de scooters abandonnés. Sur un mur, il y a des tas de trucs illisibles à cause des lézardes et de l'humidité qui le couvre de taches noires. Mais, on distingue sans peine trois bites en rut classiques, avec couilles protubérantes, petite fente au bout du gland et gouttes de foutre jaillissant de l'extrémité.
    Tandis que je m'éloigne vers le centre de la ville, le bruit des voitures sur l'autoroute ressemble à une ovation lointaine montant d'une arène où les jeux n'ont jamais cessé.

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    Revue Squeeze N°4
    "Nietzsche dans le souterrain"

  • La mer dans les poches

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    Le ciel est bleu. parfois du blanc. Les fumées viennent d'ailleurs. Elles sont basses. accrochées à la ville. On sent la proximité de la mer. Les voitures roulent. les camions. les autobus et les scooters. Rencontres et réseaux. Présence des marchandises et des corps.
    Tout à l'heure, le soleil. Le ciel dégagé bleu. Un ensemble d'immeubles en verre transparent. Les plis de l'ombre. La joie de marcher. de connaître le sol et l'air en même temps. Activité de la tête aussi. Temps présent et large. pantalons. Le ciel partout. une force. Au bout, c'est la mer. la mer et ses vagues. Les bateaux qui avancent sous le ciel.
    Ici, pas de fleurs. pas de jets d'eau. Ici, on s'enfonce dans le bleu. On peut s'enfoncer dans le bleu. On peut se perdre aussi. avaler le soleil. On est dedans et on est dehors. La ville encore plus ville. Seule et grande. détachée. traces. morceaux de choses fabriquées. sentimental des choses. lignes multiples. Tout bouge. la ville inhumaine et accueillante. existence commune.
    Dans le ciel clair, on voit déjà la lune. rumeurs. klaxons. agitations. Une voiture de pompiers passe à toute allure. Résolution poétique.

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  • La réalité augmentée

     

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    L'odeur de la bière. La puanteur qui s'échappe des WC. Un parking. Des emplacements vides avec des parcmètres. Des bus qui grimpent. Des bagnoles garées en plein milieu de la rue. Des automobilistes qui klaxonnent. Ceux qui veulent passer. Des graffiti avec des fautes à tous les mots. Des journaux qui parlent de braquage à main armée. Le bruit des pas. Le reflet de la mère et de la fille dans une glace. La robe à motif, toute fripée dans le dos, qui remonte dans un coin et laisse voir le fond d'un collant opaque. Sa voix qui se perd dans le maelström de musiques et de conversations qui peuplent la rue. La télévision un peu plus loin. Eclats de rire. Applaudissements. Un coup de vent pousse des détritus contre les rideaux de fer des magasins. Des cartons débordant d'ordures jalonnent les trottoirs. Bientôt, les pluies viendront et commenceront à retourner toute cette saloperie. Les caniveaux déborderont, briques de lait boîtes de conserves os de poulets mégots, toute sorte de cochonneries se coincera entre les voitures et empestera jusqu'à ce que la pluie vienne tout emporter.

    Les quartiers nord. Les quartiers sud. La ville s'étale dans tous les sens à la fois. La ville est un cercle. La ville est un labyrinthe. La ville est très loin. Puis, tout à coup, plus près. Ici ou là. Quelque part. Le passé. L'avenir. Comme un journal qu'on froisse. Tous les mensonges. Toutes les galères. Tous les jours passés à gratter pour reconstruire. Toutes les excuses imaginables. Tous les discours. Tous les mots bouffés à la hâte à force d'attraper rien du tout.

    Toutes ces choses qu'on peut touiller d'une main dans un évier d'eau grasse. La poussière de la ville. La tête qui a besoin d'un coup de peigne. Les yeux à peine ouverts. Les yeux rivés sur le centre de la cible presque à angle droit. Là où des voix remontent et se perdent et laissent un long sillage de chair. Là où des traces de pas deviennent des flaques avec à l'intérieur des bulles et du sable mouvant et une nouvelle vie qui se libère.

     

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  • Penzlauer Berg

     

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    Schönhauser Allée. C'est là que je descends. La soirée est déjà bien avancée. Dans quelques minutes, je vais déposer mes bagages. Je Marche. Nous sommes trois. Nous marchons. Les trottoirs sont larges, bordés de roses trémières. Il n'y a pas de poubelles dans les rues. Pas de détritus. Les fenêtres des rez-de-chaussée ne sont pas protégées par des barreaux. Certaines sont ouvertes. Je peux apercevoir l'intérieur des appartements. Nous traversons un parc avec de grands arbres. Les fleurs semblent semées à la volée. ça sent bon la terre après la pluie. Quelques personnes assises sur des bancs prennent le frais. C'est calme. Les voitures ne circulent pas. Seuls, les vélos parcourent les rues. La nuit est rassurante. Elsa, notre accompagnatrice, nous dit qu'à Berlin ça craint pas pour les filles. ça craint pour personne. On peut rentrer à n'importe quelle heure de la nuit et dans n'importe quel état, sans aucune crainte. Vue d'ici, Marseille ressemble à un immense corps malade fait de millier de sortes de vies qui s'agglutinent et qui luttent ; qui s'embrassent et se détruisent les uns les autres, sur un fond de vomissures, de merdes de chiens et de relents d'ordures. De là cette mauvaise haleine qui permet à la circulation, à la digestion, aux systèmes excréteurs de continuer à fonctionner, comme au cours d'un coma prolongé. Au fur et à mesure que je marche, je me demande si ce n'est pas tout le pays, avec son interminable défilé de tocards, qui se trouve dans un coma prolongé.