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graffiti - Page 2

  • Infos rapides

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    Les voitures glissent sur le bitume. Chant monotone et régulier. Ronde des livreurs de pizzas. Une femme fouille les poubelles dans l'espoir de dégoter quelque chose à manger. Une ambulance se rapproche, gyrophare en alerte. Silhouettes anonymes tracées à la craie sur le trottoir. Fosse commune géante. Odeur de caniveaux et d'égouts engorgés. Bruits de la vie qui se débat. Serments des ventres. Tout cela s'anime dès la tombée du jour. La pénombre jette ses premières cartes en hésitant entre l'illusion, l'émotion et l'absence.

  • Hôtel de l'Avenir

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    Trottoirs embouteillés. Immeubles en béton gris, inachevés et inhabités. Fenêtres ouvertes sur le vide. Toiture béante. Un SDF assis contre un mur. Un chien auprès de lui. Des passants qui se hâtent vers leurs activités coutumières. Sillages frais tout juste sortis de la salle de bains. Des hommes marchent d'un pas vif. Les yeux braqués sur eux-mêmes. Des femmes sont resplendissantes. Leurs talons aiguilles claquent sur les trottoirs comme des décisions sans appel. Au loin, se dresse la tour la plus haute de la ville. Tel un doigt planté dans le cul du ciel, elle engloutit des flots de bureaucrates qui foncent tête baissée vers leur destin visqueux. Autour, les mouettes virevoltent, excitées jusqu'à frôler l'extase.

  • Un peu de fièvre

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    Toutes sortes de choses
    Toutes sortes de sons

    Mégots de cigarettes
    Poubelles défoncées
    Saleté dévastatrice
    Moiteur provocante

    Univers égocentrique
    Lèvres rouges
    Devantures de magasins

    Boulangeries
    Galeries de visages
    Piliers de bars

    La force qu'il faut pour
    Vivre une vie privée
    Sous le bruit et dans
    Le fracas du monde

  • Une dimension de l'indifférence

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    Le soleil se cache quelque part derrière un nuage. Pluie fine sur les toits. Pluie fine sur les trottoirs de la ville. Aux Réformés, les marchands de fleurs ont sorti leurs parapluies. Ils sont bleus et protègent tout un éventail de jeunes pousses vertes.
    Dans les rues autour de la gare, des hommes hébétés gisent dans les entrées des immeubles. Ils dorment, immobiles, sous l'influence de l'alcool. Ils ont étendu des feuilles de journaux et des cartons sur le sol en guise de matelas. Dans un coin, une odeur d'urine exhale des effluves musquées.
    Devant les boutiques indiennes, les propriétaires se tiennent dans l'embrasure de la porte, échangeant des commentaires et des plaisanteries.
    à la périphérie de la ville, il y a des bâtiments aux fenêtres murées ou couvertes d'une feuille de métal qui laisse parfois filtrer la nuit, un rayon de lumière. Les immeubles ont un air de décrépitude, d'abandon. Certains attendent les coups de la boule d'acier des démolisseurs.
    Je marche. Mes sens sont submergés d'images, aussi passagères que mes propres mouvements.

  • Place des Halles Delacroix

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    Le matin tout est différent. L'air frais tire les traits du visage et ouvre les yeux ensommeillés des passants. L'eau s'écoule le long des caniveaux. Elle emporte avec elle les restes nocturnes. Mégots de cigarettes, cartons de joints, pisse chargée de bière, crottes de chiens, restes de bouffe, capotes, tout glisse lentement vers les égouts et se dirige vers la mer.
    Place des Halles Delacroix, le duvet vert sur les arbres dénudés annonce le printemps. Je marche au milieu des étals chargés de légumes et de fruits venus de tous les pays d'Afrique et d'Asie. Les gens que je croise me disent bonjour. Ce sont des frères. Une échappée d'espoir.
    Sur l'appui d'une fenêtre, un petit oiseau brun a l'air de vouloir s'échapper. Un bout de voyage commence. Migration sans fin à travers des kilomètres de miroirs.