Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

écriture urbaine - Page 3

  • Place de la Joliette

    MP13 021.JPG

    Sous l'effet du mistral, les jupes s'ébouriffent, les mains plaquent. La détermination s'installe. Ce vent est capable de vous dépouiller, de vous rendre ridicule, alors même que vous tentez de vous maintenir, et que vous vous tapez les doigts contre les cuisses pour les réchauffer. Il trouve facilement accès à votre cou. Il trouve avidement le chemin de votre dos. Quelques pas suffisent pour vous rappeler combien ce vent est froid. Au carrefour, c'est encore pire. Le vent vous agite comme un fouet. Il s'insinue par les interstices. Chacun a sa stratégie, sa posture idéale pour affronter cet élément. Certains renoncent à se voûter. Ils se redressent et endurent sans sourciller : à quoi bon lutter ?

    http://www.cohues.fr/
    page 20 "Lettres à Samuel Beck"

  • Variations urbaines

    MP13 031.JPG

    J'appartiens au voyageur qui voit dans la trace l'indice d'un évènement qui l'a précédé. Je fais de la fluidité du temps l'espace même de mes actes nécessaires. Il y a tant de manières différentes de ressentir les phénomènes de la ville. Rien n'est constant. Tout change constamment. Nous sommes assaillis par une multitude d'impressions, différentes sensations, force/énergie se composent et se recomposent autour de nous. Le temps ne peut pas se répéter. Tout change continuellement. Tout se résume au mouvement. Tout est toujours différent. Il n'y a rien qui constitue jamais une fin parce que tout peut devenir la base de quelque chose de neuf et de différent. Entrelacées, marginalité et disparition ne cessent, dans l'état actuel des choses, de s'engendrer mutuellement.

    http://revuesqueeze.com/telecharger-la-revue/revue-squeeze-n6/

    Shoot canin page 38

  • Corniche Kennedy

    streetanniversaire 019.jpg

    Les voitures roulent, les camions, les autobus, les scooters. On sent la proximité de la mer. Le ciel est bleu. parfois du blanc. Tout à l'heure, le soleil, un ensemble d'immeubles en verre transparent. Les bateaux qui avancent sous le ciel. Pas de fleurs. Pas de jets d'eau. Pas de fontaines. Mais un camion de pompiers qui passe à toute allure. Sur le trottoir, on voit deux rats couchés sur l'asphalte, éventrés, les entrailles à l'air.

    "L'étrangère" micro-fiction publiée dans le magazine de l'ADA
    http://www.autour-des-auteurs.net/magazine/new_mag.html

    L'Ampoule n°6 des éditions de l'abat-jour
    http://www.editionsdelabatjour.com/

  • Un goût de rouge à lèvres

    streetanniversaire 017.jpg

    Tout en ventre et en petits talons, elles roulent leurs mécaniques bien huilées, sur les trottoirs de la rue de Rome. L'allure fauve et le ronron facile, elles sont plutôt maîtresses que bonnes femmes, Coca-Kebab McDo et poignées de mains ou coups de poings. Le rire à gorges déployées, elles ont des mots râpés dans la bouche et des voix pour les dire : mots rimés, mots triturés, mots scooters... pure poésie du brut, langue de récup... sur leur passage, un téléviseur désossé ressemble à une antiquité remontant d'un autre siècle. Un canapé, pas vilain, en skaï chocolat ferait le bonheur de qui n'en a pas. La rue est à tout le monde, et du monde il y en a.

    http://www.riotinto.fr
    mon autre site consacré à la mémoire ouvrière de l'Estaque

  • Changement d'heure

    septembre 033.JPG

    Le vieil homme sur le trottoir. voix aiguë. nasillarde. discours qui ne veut rien dire. Il est tapi entre deux automobiles en stationnement. Voiture de police qui tourne au coin de la rue. Gaz d'échappement. Une fille en pantalon rose. chaussures à talons exagérés. chevelure en désordre. Les hommes la dévisagent. Au marché des Capucins les mouches bourdonnent. Le sol est puant. Les gens passent. Les gens hâtent le pas. Les gens détournent les yeux. Ils regardent parfois avec curiosité. Il fait froid en ce moment. Il fait très froid. Il y a du vent. un vent fort qui souffle. On le sent dans les os. On s'en remplit les poumons. On respire des odeurs abrasives. L'air a mauvais goût. L'air empeste. Une température assez fraîche pour purifier les poumons, et cependant l'air empeste. Le ciel tourbillonne avec le vent. On sent l'air froid s'insinuer autour du châssis de la fenêtre. Il va falloir calfeutrer. Un clochard étalé sur le seuil d'un immeuble. Il mourra peut-être de froid. Bientôt le solstice d'hiver.

     http://www.editionsdelabatjour.com/
    mes microfictions à lire dans la revue l'Ampoule