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écriture murale - Page 2

  • L'échelle de Beaufort

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    Il y a des vents diurnes, des vents nocturnes, des vents du petit jour, des vents du crépuscule, des vents porteurs de neige ou de chaleur, des vents printaniers ou des vents d'automne, des vents légers, des vents folâtres, des vents dangereux, des vents destructeurs, des vents dominants, des vents sifflant en rafales, des vents turbulents, des alizés, des contre-alizés, des cyclones, des anti-cyclones, des vents de terre, des vents d'altitude, le jet-stream, le vent marin, celui qui suit le cours des rivières, celui qui parcourt les continents, celui qui préfère les cavernes et les jardins... Un nombre inimaginable de types de vents qui sont là sans y être et qu'on peut localiser, ici dans le frémissement des feuilles d'un arbre, dans un tourbillon de poussière, dans le claquement d'une porte, dans la course folle des détritus dans la rue... On peut entendre le vent murmurer, gémir, pleurer, siffler, hurler, rugir, puis se taire ou se muer en brise légère... Dire, le voilà, il est là, c'est le vent, c'est impossible. Il est là sans y être, réel mais inaccessible, présent mais insaisissable. Il ne reste rien de lui, sinon l'attente de sa venue, la crainte de son arrivée, le souvenir de son passage.

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  • La vieille dame

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    Ils sont ivres. Ils restent là un moment, l'air égaré, les yeux fixés sur la rue. Et puis, l'un d'eux désigne une direction au hasard. Ils prennent le départ, cramponnés l'un à l'autre, en titubant et en trébuchant à chaque pas.
    La rue est plutôt déserte, mais un peu plus haut, une vielle dame sort la tête d'une fenêtre entrebaillée. Elle observe d'un air peu rassuré les hommes qui approchent. Son regard n'est guère engageant, mais ils n'ont pas le choix. Elle est la seule personne à qui ils peuvent s'adresser.
    La vieille dame ne bronche pas. Elle les regarde avec la même expression de dégoût que si elle venait d'apercevoir un tas d'immondices sur le trottoir. Ensuite, elle secoue la tête sans prononcer un mot et ferme la fenêtre à toute vitesse, comme si elle craignait de se faire agresser.
    Sans doute, est-elle restée derrière le rideau blanc, à guetter, l'oreille tendue, le départ de ces hommes.
    Peut-être, a-t-elle dit "Cochons d'ivrognes !" avec dans ses yeux grands ouvert comme une lueur de démence.

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  • La pluie légère

     

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    Elle va dans sa chambre, enfile un survêtement et une vieille paire d'adidas. Puis, elle roule un joint et le glisse dans la poche de son sweat-shirt. Un chien aboie quand elle descend le couloir. Il aboie chaque fois qu'elle passe devant la porte. Il la prend toujours par surprise.
    C'est un grand chien de berger dont les maîtres ne sont jamais là pendant la journée. Elle entend ses griffes rayer le plancher. "Du calme, du calme" dit-elle. Mais, il continue à s'exciter contre elle. Elle entend ses aboiements tout au long du couloir, jusqu'à ce qu'elle atteigne la porte d'entrée. Elle sort.
    Comme toujours le dimanche, la rue est déserte et silencieuse. Elle fait quelques flexions des genoux et se dirige vers le parc. Le ciel est gris. Il est humide et pesant, suspendu trop bas. Les nuages  sont couleur de cendre.
    Elle passe devant une bande de gosses assis sur le capot d'une voiture, une boîte de bière à la main. La portière de la voiture est ouverte. Elle doit faire un écart pour l'éviter. Une pluie légère commence à tomber.
    Lorsqu'elle rentre dans le parc, des odeurs douceâtres s'élèvent de la terre. Le vent secoue les arbres. Il fait crépiter les gouttes de pluie sur les feuilles. Des gouttes de pluie coulent de ses cheveux sur ses épaules. Elles ruissellent devant son visage.
    Pendant quelques instants, elle contemple les nuages. La pluie coule le long de ses joues et de sa nuque. Elle ferme ensuite les yeux et se passe le bout de la langue autour des lèvres. Un cerf-volant cassé claque dans un arbre. Elle palpe le joint dans sa poche, mais l'y laisse. Puis, elle baisse la tête et se met à courir. Autour d'elle, les arbres n'en finissent pas de défiler.
    C'est ainsi qu'elle parcourt un ou deux kilomètres, en faisant comme si elle n'allait pas faire demi-tour, comme si elle était capable de s'en aller comme ça.

     

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