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Les passagers de l'ombre

Ne vous faites pas de souci, on va voir comment on peut se débrouiller, Et ils cherchent un bout de terrain qui ne sera jamais plat, Et ils y enfoncent des bouts de bois et des cartons pour construire des cabanes dans les broussailles, quelques-uns installent de grandes toiles en plastique qui les protègeront provisoirement de l'hiver, Et de part et d'autre du sentier, des choses émergent en désordre. Le soir, quelques filets de fumée ça et là.
Ces femmes et ces hommes vont et viennent soigneusement couverts, avec un foulard sur la tête et des vêtements longs, remuant le fouillis des poubelles avec un bâton ou un cintre métallique. Sous le soleil intense de l'été ou sous la pluie, les enfants aussi, quand ils accompagnent les leurs, volettent comme des oiseaux courbés sous le poids des poubelles des autres. La puanteur colle à leur peau comme un vêtement de plus.
Ce n'est pas qu'ils n'aient pas de famille, ou qu'ils n'aient pas d'autres endroits, c'est que pour eux la côte est rude, celle de la vie.

Prédateurs - page 103
http://www.editionsdelabatjour.com/2016/09/l-ampoule-n-21.html

 

 

 

 

 

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