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La foule

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C'est une magnifique journée. Un ciel couleur d'ardoise, avec des petits nuages de coton blanc et un soleil radieux qui fait palpiter la surface de la mer. Un vent vif soulève une petite houle indigo et pousse des détritus dans les rigoles. La parfum de la mer se mêle à celui des bateaux amarrés contre le quai. Il fait doux et tout est très calme. Haut dans le ciel, les mouettes décrivent de grands cercles au-dessus de la ville. Beaucoup de monde sur les trottoirs qui galopent dans tous les sens. Ils ont un air traqué avec quelque chose de gris et de terne dans l'expression. Ils paraissent bien nourri et pourtant fragiles, comme ces feuilles mortes qu'un souffle de vent balaie dans le ruisseau.
A travers les vitres mal lavées sur lesquelles viennent bourdonner quelques mouches précoces, on voit des voitures garées derrière la façade jaune poussière de la Chambre de Commerce. Un chien, jaune aussi, est très occupé à gratter ses puces sur les marches du Centre Bourse. De l'autre côté, il y a un homme, aux joues décharnées, vêtu d'une combinaison assez sale. Il a dans la bouche une chique de tabac grosse comme une cerise. Il crache. De temps en temps, il frappe du poing dans la paume de sa main. Son discours est une suite de petites explosions. Il grimace quelque chose. Et l'on ne voit plus, sur sa face ridée, que les globes de ses yeux, d'un blanc bleuâtre dans ses orbites couleur de chocolat.
Il s'aperçoit que je le regarde et reste silencieux un moment. Puis, il poursuit.
Un peu à l'écart, il y a quelques petits bateaux dont la voile pend mollement. Une fille aux cheveux blonds va et vient avec un plateau chargé de bières.

Lecture de toutes ces chroniques urbaines dans l'émission

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